jeudi 11 mai 2023

JOHN BURNSIDE
LE BRUIT DU DEGEL
361 PAGES
EDITIONS METAILIE


Les plus grandes et émouvantes histoires sont souvent celles des gens ordinaires , elles sont comme des élans qui traversent l'histoire. Si souvent elles sont oubliées, quand elles se racontent elles deviennent des mémoires universelles, des transmissions éternelles. Raconter son histoire , c'est parfois survivre là où un jour nous ne serons plus. Raconter, c'est aussi cette opportunité étrange de broder un peu les réalités, floutée par le temps et les mensonges intérieurs . Les histoires se cachent partout mais personne ne s'en souvient. Là où la vie est parfois bien embêtée à nous donner des réponses, les histoires nous sauvent comme des lumières accidentelles. Chaque histoire qui se lit et se referme fait un bruit fascinant ou terrible. C'est aussi un des miracles de la littérature.
Je suis tombée par hasard sur ce livre , un titre poétique et mystérieux, un auteur écossais, un résumé assez attractif et pourtant..
Tout était là, mais pas grand chose ne se passa dans plus de la moitié du roman. J'étais presque tentée d'abandonner cette lecture. Je l'ai quand même terminé et l'enchantement tant espéré est enfin arrivé. Dans les trois derniers chapitres, ça fait long..

Je vous raconte l'histoire ..
Kate est une étudiante en cinématographie, elle vit avec Lauritz avec qui elle entretient une relation libre et qu'on ne saurait réellement nommer. Elle se laisse porter par sa vie et depuis la mort brutale de son père, elle marche à la "défonce". Lors de ses errances , elle rencontre "Jean" une vieille dame qui va lui proposer un drôle de pacte. Elle lui racontera ses histoires à condition que Kate arrête de boire..
Pour Jean c'est l'occasion de régler ses comptes avec le mirage du rêve américain, pour Kate ce sera l'occasion de retrouver le calme du corps et de l'esprit.

Quel dommage! Cette histoire avait tout pour me plaire! Malheureusement, les trois quarts du livre sont d'un mortel ennui et j'ai eu un mal fou à entrer dans le sujet. Les récits de Jean sont trop longs et redondants voire carrément lassants. On en perd le beau de l'histoire, son essentiel. Le style de l'auteur ne m'a d'emblée pas du tout séduite. Le chevauchement des mots est un peu lourd , difficile pour moi d'y déceler la poésie tant attendue. Puis petit miracle à la fin du livre, un événement vient m'arracher à mon agacement . La prose se fait plus tendre , une mélancolie palpable s'éparpille sur chaque ligne, le décor libère toute la puissance d'un être en renaissance, toute la magie des histoires que nous laissent en héritage ceux qui sont partis. Un hymne à la vie , à l'espoir, à toutes ces rencontres qu' on attendaient plus et qui font de nous des gens meilleurs, des miraculés . 
Puisque nous serons tous emportés sans retour, racontons les jours qui passent , qui habitent et qui abritent nos âmes pour l'éternité.

Peut-être que ces derniers chapitres ont resonné en moi bien plus que je n'aurait pu le croire..
Loin d'être une lecture mémorable il restera au moins ça..


"Je m'éveillai et restai immobile, aux aguets. J'avais entendu u son dans mon sommeil , un son assez proche d'une musique pour me réveiller. Tout ce que je perçus d'abord , ce fut le bruit de la glace en train de fondre qui gouttait de l'avant toit, puis je me rendis compte que c'était précisément ce que j'écoutais dans mon rêve. C'était ça. Rien de plus. Le bruit du dégel . Une fin et un commencement . Ici et ailleurs."






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