samedi 28 novembre 2020

 BORDERLINE

ZOE HABBABOU

ROMAN INITIATIQUE ET PHILOSOPHIQUE

314 PAGES

AUTOEDITION


Borderline...

Sur l'arête de la vie..

L'état limite..

Quelque part entre émotions explosées et vide incommensurable.

Quelque part entre archisensibilié , impulsivité, instabilité à la frontière de la névrose.

Un monde sans nuances où se balancent certaines consciences.

Un monde intérieur et extérieur où une certaine vision de la réalité et de la vérité est décuplée d'intensité 

La recoloration d'un monde sourd, endormi à travers les tourments d'humains au vernis fragile.

Cet essentiel de la vie: la conscience.

Cette conscience je l'ai empoigné , aseptisée et transfusée aux normes asphyxiées de cette société viclarde et décharnée.

Comme le lierre noir , elle s'était cramponnée et avait fait de moi une terre bâclée , un portrait pillé , un pantin disloqué et matrixé.

J'étais tout juste assez douée pour dire Amen à cette conformité gerbante.

-Regarde moi bien , lui dis- je

Tu te sens libre parce que tu n'est pas enfermée?

Parce que tu n'est l'esclave de rien...excepté de tes tyrans quotidiens?

Tu t'es déjà éclaté contre ce monde?

Tu as déjà ressenti ce besoin viscéral d'avoir mal pour te prouver que tu es en vie?

Parce que tout ce que tu crois vivre c'est d'une tiédeur écoeurante , d'une lenteur larvaire.

Il faut te disperser dans l'angoisse, la solitude , le face à face , t'extraire de ce monde pour mieux le voir, mieux l'aimer.

Cesser de te traîner comme un corbillard dans l'éclat funeste de tes illusions.

Eventrer ces chimères qui creusent chaque jour un peu plus le lit obscur de ton tombeau.

Oui, nul besoin d'être mort pour être cloué au sol, tu le fais si bien quand tu es incapable de descendre en profondeur.

Quand tu vivotes et gigotes niaisement comme un poisson hors de son bocal.

Quand tu hypothèque ta conscience pour des nécessités triviales.

Et toi qui me lis, tu es qui?

Un rescapé de la vie ou un rescapé de la mort?

T'acquittes tu honnêtement des responsabilités de ta conscience?

"Qui éveilles la vie chez les autres contribue à donner un sens à la vie"

Anselm Grun


"Ce que tu nies te soumet, ce que tu acceptes te transforme"

Carl Gustav Jung


L'HISTOIRE


D'abord, il y a ce jaguar à moitié crevé, il le suit plus fidèle , plus coriace que ces satanés être humains.

Lui, c'est Travis , un mec déchiré, commotionné par une réalité hallucinogène.

Avec sa trouille de vivre sans être à la hauteur de ses rêves .

Il raconte son histoire de fou, ce gamin mal aimé , rejeté , humilié .

Cet adolescent qui résiste, qui bosse dur pour rapetisser l'écart entre la réalité qu'on lui impose et la réalité de sa conscience.

Ce mec qui s'expose au sublime avec ses comportements dangereux , qui se trouve, se perd , se retrouve à travers ses souvenirs qu'il revit en accéléré .

Cette errance , c'est son identité profonde , il construit et déconstruit , il fabrique un monde dans sa tête totalement décroché de la réalité , il signe alors son pacte avec la folie.

Très subjectif la folie n'est ce pas?

Chaque fois qu'il est ramené à sa conscience, il se transforme.

Groggy dans un hôtel miteux en pleine hallucination , son retour au monde se ponctue de flashbacks , d'introspection, de rêves ..

L'itinéraire d'un marginal en mal de vivre qui tentera grâce au chamanisme cette pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits de retrouver un sens à sa vie.

Vous découvrirez Tyler sa soeur jumelle, son double , son alter ego , leurs descentes aux enfers .

Il vous parlera de Wish son chaman..

Vous reconstituerez peu à peu dans cette ambiance psychédélique le puzzle de sa vie.


LE PERSONNAGE

Je dis le personnage car il est le pilier central de l'histoire.

Travis est un véritable éléctrochoc.

Il vous ressucite et vous réanime de ses réflexions désintéressées.

Il est brut, il se livre à âme perdue dans des détails les plus sordides

Il est pur et nous épure de toutes les souillures de ce monde pollué de faux semblants.

Il nous charge à bloc, il rayonne , il est une rature embellie , il nous fait prendre conscience de la difficulté d'être..

Il nous saisit le coeur , sa psychologie est à saisir à vif..


LE RECIT

La narration est à la première personne et c'est celle que je préfère, celle qui crée la proximité avec le lecteur.

L'immersion est totale.

On explique moins , on accepte davantage et on s'identifie.

Un choix intuitif qui correspond à la vision du récit.

On est dans l'action directe et c'est ainsi très addictif.

Il faut juste un moment afin de pouvoir situer l'histoire et la chronologie des événements.

Malgré cet emploi , l'auteur n'a pas omis de travailler ses descriptifs ce qui n'est pas toujours le cas dans ce style de récit.


LE STYLE DE L'AUTEUR

Certains auteurs sont les seuls à pouvoir dire ce qu'ils ont à dire.

C'est le cas pour Zoé Habbabou 

Son style c'est sa sensibilité personnelle.

Elle est juste avec elle même.

Un style qui est le jaillissement de son intérieur.

Difficilement classable , à prendre où à laisser, à aimer où à détester!

Le vocabulaire est cru , en cohésion avec le ton de l'histoire.

Les mots sont puissants invitant aux plus belles comme aux plus infectes images.

Elle est excessive et souvent choquante.

Elle jure comme un bonhomme et la minute d'après elle se révèle en subtilité.

Tout est retranscrit honnêtement , je dirais que c'est son label



PASSAGE

"Et elle demandait :

Comment est ce possible?

D'avoir besoin de choses qui n'existent pas !

Rêver de sensations qu'on ne connaitra jamais?

Avoir le souvenir de trucs qu'on a jamais vécus?

On a fait des milliers de kilomètres à la poursuite de cette chose , la pourchassant comme des bêtes affamées.

Son odeur était là , les traces étaient fraîches , la piste était infime , ténue mais indéniablement on était sur la bonne route.

Seulement on arrivait toujours trop tard . La chose avait toujours de l'avance sur nous.

Elle nous a fait courir comme des perdus , nous a traînés à travers les ronces , essoufflés , la langue pendante.

Mais elle demeure toujours insaisissable .

Elle nous narguait de loin , nous faisait signe et attendait tranquillement qu'on approche pour déguerpir au moment où on allait l'atteindre."


Vous pensiez que rien n'était noir?

Lisez "Borderline" ce roman aux sombres résonnances et tentez donc de tisser les liens de la haine et de l'amour dans cette sphère mortifère...













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mardi 17 novembre 2020

 ALEXANDRE RABOR

LE BLEU DES CAPRICORNES

ROMANCE THRILLER

151 PAGES

AUTOEDITION



J'étais là, posée comme une horloge aux aiguilles bloquées.

Flanchée et tordue par le temps qui s'arrête.

A l'heure où mon présent n'était plus à la hauteur , moins prometteur , j'étais figée , ma mécanique intérieure refusant d'avancer.

Je le ruminais, le flairais, je le sentais , il tuait les minutes pendant des heures , son tic tac sourd grignotait désormais mon silence.

Lui, le passé...

Lui que j'avais cru oublier et qui gisait en traître sous les décombres , à la vitesse du hasard , il venait gangréner les années incinérées.

Quand l'inconscient revient prendre ses droits...

Ce "fossoyeur de présent" comme disait Nietzche.

Ce passé refoulé , nié , cette sorte de convention que j'avais avec ma mémoire , sifflait aujourd'hui comme une bouilloire.

Refuge ou prison?

Qui était il?

A pas feutrés il s'était immiscé comme un voleur et il faudra alors bien passer par l'inévitable confrontation pour connaître son identité.

Dans cette dilatation du temps , il avait laissé ses traces immuables.

Vécu, oublié , remémoré , il avait l'art grandiose de l'esquive.

Tu oublieras vite!

C'est du passé!

Qui n'a jamais entendu cette rengaine éculée!

Comme le dit si bien Carl Gustav Jung 

"Tout ce que je refoule , un jour se défoule"

Une réalité parallèle , des rêves deviennent alors les leviers invisibles de ce passé.


Tout ceci pour vous amener à l'épicentre du dernier roman d'Alexandre Rabor.

Le bleu des capricornes.

C'est le second roman de l'auteur que je lis après "Mes hiers assassinés" lequel avait été un grand coup de coeur l'an dernier.

Alexandre Rabor est un auteur qui sait subtilement entrelacer les genres.

Romance, thriller dans une même histoire le tout enveloppé d'une belle aura poétique.

Il a également écrit "Le vent emporte les hurlements " que je ne manquerais pas de découvrir ultérieurement..


L'HISTOIRE


Thomas et Mathilde forme un couple , je dirais ordinaire., elle est professeur de français, il a une entreprise de communication qu'il a péniblement construit avec son ami d'enfance.

Le couple vit confortablement , ils s'aiment bien sûr mais le temps usant les enthousiasmes , le quotidien a des relents de mollesse et d'accoutumé.

Les silences prennent leurs aises projetant chacun d'eux dans une période de leur vie qui semblait avoir passée à la trappe.

Thomas prend alors des décisions inattendues et très soudaines.

Une seule chose l'obnubile à présent et il va tout mettre en oeuvre pour parvenir à savoir , à comprendre.

Ca urge!

Mathilde , confrontée à la "crise " de son mari , en dépit de son soutien va elle aussi s'éloigner dans des réminiscences bien précises de certains événements passés.

Pour sauver leur amour , ils vont alors suivre une thérapie de couple par l'hypnose qui va alors se révéler plus que surprenante...

Arriveront ils à exorciser les démons du passé?

Arriveront ils à s'aimer comme avant?


Je reconnais que j'ai été très intriguée en premier lieu par le titre!

Mystérieux  il a suscité ma curiosité d'emblée mais il m'a fallu en lire beaucoup pour enfin la satisfaire!

Un titre donc très accrocheur et en raccord avec une scène de l'histoire.

J'ai moyennement aimé la couverture que j'ai trouvé trop simpliste et pas particulièrement attirante.


LES PERSONNAGES

Nos deux protagonistes ont été pour moi un peu aux antipodes dans mon ressenti et dans mon approche de l'histoire.

J' ai été très emballé par le personnage de Thomas qui a une vie intérieure riche , active , introspective .

J'ai totalement adhéré à ses questionnements, ses quêtes et ses grands moments de solitude, à sa personnalité jusqu'au-boutiste.

Sa psychologie est développée , en cohérence avec son histoire et les événements.

Il est quelquefois déstabilisant dans ses décisions , entre réflexion et impulsivité.

Il est vraiment le personnage central de l'histoire.

J'ai été en revanche plus mitigée par Mathilde que je soupçonne de passivité aigue.

Elle se laisse porter par les événements avec un peu trop de nonchalance , ses réactions face au changement de son mari sont assez froides et effacées.

On dirait qu'elle est toujours ailleurs dans une acceptation horripilante.

Peut être est ce le dessein de l'auteur de déséquilibrer ainsi les personnalités ..

Je ne sais pas mais c'est mon ressenti...


L'INTRIGUE

L'histoire est superbement imaginée mais je ne suis guère étonnée , c'est un peu la marque de fabrique de l'auteur.

Les rebondissement sont de qualité et surtout quasiment impossible de les appréhender.

L'intrigue est un vrai sac de noeuds!

Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'on en voit jamais le bout!


STRUCTURE DU ROMAN

Le livre est court 151 pages mais son contenu en fait une lecture addictive.

Les chapitres sont courts , certains même très courts comptant deux ou trois pages.

Je dirais aussi que c'est un peu le coté décalé et "hors norme" de l'auteur qui apprivoise un peu ce côté fantaisiste dans ses structures de roman.

Cela ne m'a ni étonnée ni dérangé puisque j'avais déjà lu de l'identique avec "Mes hiers assassinés"


LE STYLE DE L'AUTEUR

Jai bien reconnu la "patte" de l'auteur.

Un style assez inédit , une plume empreinte d'originalité et de poésie.

La plume est fluide et méticuleuse.


PASSAGE

"La thérapeute le laissa parler quelque secondes mais rien ne vint .

Alors elle lui demanda

-Que voyez vous?

-Je vis la dame qui pleure , elle me parle .

Elle est assise sur un lit . A côté d'elle , il y a une petite table avec un dossier posé dessus .

-Qu'est ce qu'il y a marqué sur le dossier?

-Il y un nom

-Quel nom?

-C'est flou

-Essayer de vous concentrer , quel nom y a t-il marqué?

-C'est trop flou, la dame qui pleure me parle , j'ai du mal à me concentrer.

Thomas capitula 

-Je n'y arrive pas , je me sens vidé, exténué."



A mi chemin entre la romance et le thriller psychologique , ce roman est un excellent moment de lecture même si je n'ai pas eu le coup de coeur du premier.

Et vous?

Vous en êtes où avec votre passé?







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mercredi 11 novembre 2020

 MARINE MOUZELARD

LE COMMISSAIRE CHASSEPIERRE

MEURTRE AU TOUQUET

254 PAGES

AUTOEDITION


Comme un besoin terrible et soudain de légèreté!

Par ces temps troublés, un accent mis à disposition de l'esprit pour mieux souffler, mieux expirer la morosité ambiante.

Une légèreté, cette force extrême qui a aussi son poids dans nos existences.

Envie d'une sonorité fraîche, drôle, enjouée où réfugier une humeur plombée par la rugosité des jours qui se suivent et qui malheureusement se ressemblent.

Fuir pendant une poignée d'heures , ls négations, les aberrations et les turpitudes de ce monde.

Rééquilibrer la balance de la vie..

Je ne lis pas souvent ce genre de roman, mais là, j'en avais envie...

Alors je me suis baladé en quête d'un auteur envoûteur d'humeur..

D'un genre littéraire pour me distraire...

Et quoi de plus en vogue que le célèbre " Feel Good"?

Très tendance en cette période de turbulences.

Non pas que j'en sois une fervente adepte mais j'avais envie de "mater " mes habitudes.

La voilà!

Marine Mouzelard , auteure belge autoéditée et pleine de panache!

Je fais l'inventaire de ces romans :

-La loi de Louise

-Les hommes ces enfoirés que l'on aime quand même

-Quand les grenouilles auront des cheveux

Et

-Le commissaire Chassepierre

Meurtre au Touquet

Résumé sous le nez, j'ai mon livre!

Un feel good polar!

Ca pouvait paraître contradictoire, original...

Une histoire à déguster , les pieds en éventail , la main décorée d'un beau cocktail coloré et acidulé.

Un contour de verre habillé de sucre en bordure de mer qui scintillerait comme l'ingéniosité des idées.

Une enquête où chaque mot ficelle l'énigme et où je pourrais me transformer en Jessika Fletcher dans Arabesque!

Confortablement lovée sur une plage du Touquet , bouquin en main , me voilà accostée d'une ribambelle de personnages et d'un brouhaha sans pareil!

C'est bien ma veine !

Bref, je vais vous raconter puisque vous êtes là!


RESUME

"Tapie dans l'ombre , les mains serrant une lampe torche éteinte , une silhouette s'inquiète.

Viendra -t-elle?

Sans en avoir la certitude , les yeux rivés sur la passerelle métallique joignant le spa de l'hôtel au couloir de la réception , la température de son corps augmente."


Ce soir là, à 23 heures tapantes au bord d'une piscine , une certaine Claudine Gribaumont alias Dona Claudia foule le sol de ses derniers pas.

Dans son entourage sournois , tous sont suspects potentiels , il faut dire que la Dame n'était guère appréciée , hautaine, vénale et méprisante , elle avait parfaitement su s'attirer, l'antipathie, la jalousie et les foudres de son proche entourage.

Mais qui avait eu cette idée folle?

Son mari , Hervé Gribaumont?

Certes le mariage est loin d'être au beau fixe mais ce n'est pas nouveau.

Les soeurs Marie Pierre et Françoise Chaumontel avec qui elle liait une amitié tissée d'hypocrisie?

La femme d ménage qu'elle avait sermonné sans vergogne le matin même?

Vanessa Bonnet qui lui avait chipé la vedette depuis dèjà belle lurette et qui en avait un peu sa claque d'être toujours en arrière plan?

Le barman Guillaume Renard?

Le somptueux hôtel du Touquet est la scène d'un meurtre à élucider

Dans la foulée, on y retrouve Alice Chassepierre , commissaire de police, venue avec son mari pour recoller les restes d'un mariage qui n'en a que le nom!

Juste avant , une certaine Pauline Rossignol arrivait ruiner ses économies pour un séjour bien particulier.

La dame s'improvise écrivain de romans policiers et sa venue n'est pas anodine, Pauline est "brut de décoffrage", pas toujours toute seule aux étages, elle voit régulièrement un psy.

Par un heureux concours de circonstances ou pas, les deux femmes se voient contraintes de collaborer afin de mettre la main sur le meurtrier.

Totalement opposées de par leurs caractères et de par leurs façons d'appréhender les évènements l'enquête promet de riches rebondissements!


MON AVIS


L'AMBIANCE DU LIVRE

J'ai trouvé ce que j'étais venue chercher .

Une ambiance légère que même le meurtre ne vient pas altérer.

Une sorte de huis clos à la "Colombo" dans lequel on est immergé , en course effrénée , uniquement obnubilée par l'identité du meurtrier le tout distillé d'un bel humour.


LES PERSONNAGES

J'ai bien aimé l'ensemble des protagonistes.

Ils ont en effet tous un côté cliché et appuyé façon série policière.

Des caractères exagérés, un aspect très théâtral que j'ai bien apprécié.

Leur rôle dans l'énigme est très bien élaboré , suspect et innocent se côtoyant dans chacune des personnalités nous induisant assez souvent en erreur;

Une psychologie très survolée , ça ne m'a pas dérangé pour l'ensemble des personnages car c'était bien en phase ave le genre du roman, excepté pour Pauline Rossignol , je suis restée sur ma faim avec ce personnage qui était bien amorcé en début d'histoire mais très inachevé et en suspens au fil de la lecture.

J'attendais beaucoup de ce personnage clé , entre autres des éléments psychologiques plus recherchés , Pauline était un concentré d'intelligence instinctive , une mine d'infos à scruter et au final elle a été enterré et pas suffisamment mise en exergue ,"glouter" par des personnages moins intéressants.


L'INTRIGUE

L'intrigue ou les intrigues sont le point fort du roman.

Elles sont rondement menées et très bien imaginées.

L'auteur a su mettre une joyeuse pagaille dans nos petits cerveaux , un vrai remue méninges..

Une fin tout à fait inopinée et déconcertante.

Le coup de maître se trouve dans l'épilogue !

Génialement imaginé!


LA CONSTRUCTION DU ROMAN

Des chapitres très courts et haletants qui correspondent bien à la rythmique du récit

Quelques apartés énigmatiques , une sorte de monologue du meurtrier viennent clore certains chapitres.

Les dialogues sont vivants et entraînants.


LA PLUME DE L'AUTEUR

Je dirais en toute honnêteté que j'ai eu un peu de mal à m'immiscer dans le style de l'auteur en début de lecture, certaines tournures de phrases un peu "lourdes" et une écriture trop carrée et scolaire.

J'ai réussi par la suite à m'en imprégner grâce essentiellement à l'histoire captivante.

Sinon le vocabulaire est simple et accessible à tout public.

Une plume légère et l'ensemble est relativement lisse.

L'humour est aussi une importante plus value dans cette histoire.


PASSAGE

"Alice Chassepierre sourit en son for intérieur et profite de cet instant .

Ils sont tous affolés , se regardent les uns les autres sans savoir qui est le meurtrier , mais ils ont tous peur d'être accusés à tort .

Ils sont murs pour des révélations inattendues.

Elle avait toujours rêvé de jouer les Hercule ...Noirot

Tandis que les convives demeurent en silence , la commissaire se décide à mettre le feu aux poudres en orientant les soupçons sur quelqu'un.

Qui sera la bête noire?"


Voilà, l'histoire s'achève , mon cocktail est terminé , mes conclusions tirées , je quitte le Touquet pleine de la légèreté que j'étais venue chercher.

D'ailleurs l'auteure dédie ce roman à sa grand mère Marcelle Soyeur pour le magnifique week-end au Touquet qui lui a inspiré cette histoire.

Au revoir!

A votre tour de mener l'enquête!















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mardi 3 novembre 2020

 LAURE GOMBAULT

L'HOMME DU TRAIN

THRILLER PSYCHOLOGIQUE

233 PAGES

AUTOEDITION



Il a suffit d'un regard pour tout envoyer valdinguer..

Fracassées au sol, les années de paisibilité animées de certitudes.

Elle a déraillé...

Elle a dérouillé aussi!

La chute vertigineuse de l'attirance et de l'horreur.

Ejectée dans cet autre "moi" qu'elle ne connait pas, elle ne se reconnait pas.

Ca vous est déjà arrivé?

L'attraction fatale, l'ascension vers l'obsession, la pulsion bestiale , la passion à double fond.

Cette chimie des peaux qui bouillonne un peu trop et qui monte à la tête.

Là où chaque pore réclame à satiété sa dose de plaisir explosé.

Elle oui..

Enchaînée , le jugement altéré , il a su pointer sur la zone intouchée , là où même le fantasme est outré.

Tant d'inassouvis inconscients ont rendu le besoin ..nécessité..

Toute tentative d'y résister était vaine et torturante.

L'orage infernal a tout ravagé et moi dans son onde noire au rythme effréné , je me suis remplie d'une complexité, d'une perplexité presque familière.

Comment vous l'expliquer?

Certaines choses n'ont pas besoin d'être nommées pour exister.

Elles sont et c'est ainsi.

"Son malaise grandit.

C'est violent .

C'est révoltant.

Elle a aimé ce regard.

Ce regard l'a traversée et elle y a pris du plaisir.

Un malaise l'étreint . Des palpitations.

Une pointe au milieu du ventre.

Cette vision , elle y pense comme le festin d'un prédateur"


Il s'en faut parfois de peu pour perdre la raison.

Un message libéré , une compatibilité devinée et tout est aligné pour nous renverser.

Nos attirances sont elles des rappels de nos expériences passées?

Comment sont elles activées?

Sommes nous toujours à même de les libérer?

Sonnent elles comme une dangerosité?

Devons nous les intégrer en possibilités afin de ne pas s'en effrayer?

Céder, n'est ni bien ni mal c'est juste l'inconscient qui parle et parfois le bien passe par cette tangente.

Parfois il faut fréquenter les bas fonds pour se retrouver.

Se dégoûter, se détester , regretter , se racheter et prendre le chemin de la résilience.

Expier ce qui est emprisonné et se libérer, ne pas juger, juste accompagner..


C'est ainsi que je découvre la plume résonnante, intelligente et percutante de l'auteure.

Laure Gombault est coordinatrice culturelle pour des bibliothèques normandes , en 2018 elle publie son premier roman "Un verre avec toi" aux Editions Auzas.

Son second roman "Louise sous emprise" est disponible sur Les Editions du Net et le troisième 

"Les interdites" est autoédité sur Librinova.



L'HISTOIRE

Tania est une femme fragile qui a réussi à installer une tranquille harmonie dans sa vie.

Elle est conseillère conjugale , métier qu'elle n'a pas choisi par hasard mais qui s'est plutôt imposé à elle en intime évidence comme pour exorciser un passé , une enfance secouée que vous découvrirez au fil de la lecture.

Elle est mariée à Romain qui a su l'apaiser , lui donner la confiance qui lui manquait tant;

Ensemble ils ont un fils Hugo , ce petit trio mène une existence ordinaire , un peu ballottée par des conditions de travail qui ne laisse plus guère le temps à la fantaisie , à l'imprévu..

Une rengaine s'étale mais Tania semble s'en être accommodée jusqu'au jour où...

Elle prend le train chaque matin pour aller travailler, des trajets fardeaux , qui lui grignotent un peu trop de son temps...mais enfin...

Un matin , une étrange présence l'exhume de sa routine infernale.

Un homme qui la dévisage un peu trop, un peu trop puissant aussi le regard..

Un fascination malsaine, sans interdit la submerge , la mécanique violente d'une attraction démesurée s'était mise en marche.

Non seulement elle va se perdre mais elle vient aussi de mettre les pieds dans un vaste réseau de prostitution, l'étrange de l'histoire c'est que chaque étape va la ramener petit à petit à elle même , va lui apporter les réflexions et les réponses dont elles avaient désespérément besoin sans le savoir....

Une thérapie sur le chemin de la folie..

LES PERSONNAGES

Laure Gombault nous présente un personnage à la psychologie transparente.

Le personnage de Tania nous est livré sans demi mesures.

Pas de fausse pudeur , aucune retenue , des pensées et un comportement éhonté nous tirent au fin fond de son expérience interdite .

Tania est vraie , sans filtre , elle se raconte avec sincérité et clairvoyance.

L'affrontement de ses deux  "moi" est très justement mis en exergue et c'est à un vrai combat intérieur que l'on assiste , c'est immersif et chacun peut s'y voir .

D'ailleurs secrètement qui n'a pas vécu une attirance inexpliquée , divulguée ou secrète...

C'est sans peine que mes ressentis se sont délicatement calqués aux siens et il en sera de même pour vous.


L'homme du train aussi est superbement représenté, manipulateur, charismatique, beau il affiche à la fois la prestance et l'indifférence , il ne parle pas, nos deux protagonistes ne s'exprimeront que par leurs regards et leurs ébats violents.

Ceux là ont une douleur en commun presque aussi dévastatrice que leur rencontre.


L'INTRIGUE

Deux intrigues se distinguent.

L'intrigue psychologique et celle du parcours de l'histoire.

Toutes deux sont bien ficelées , préservées même si j'ai estimé certaines scènes un peu tronquées dans leur crédibilité.

J'ajouterais également que la gravité et le côté dramatique de la première partie de lecture contraste assez avec la fin , j'ai été un peu décontenancée par cette légèreté.

La dernière réplique de Tania m'a bien fait sourire...


LES THEMES

Trois thèmes principaux sont à retenir

-La violence faite aux femmes

-La résilience

-La complexité des liens entre les êtres


LA PLUME DE L'AUTEUR

Laure Gombault  a une plume libératrice, impactante et percutante .

Les phrases sont courtes et très ponctuées ce qui confère à la lecture une vraie force de frappe.

En revanche j'ai moins aime la construction du livre que j'ai trouvé un peu anarchique par le manque de chapitres marqués et la mise en place d'espaces aléatoires et souvent différent.

Le vocabulaire est franc , tantôt très élaboré tantôt très cru et j'ai apprécié ce contraste qui donne un relief très vivant au récit et qui est par ailleurs tout à fait justifié .

Le sens du détail et les descriptifs sont réussis.

Le style est ciselé d'un aspect brut que j'ai forcément aimé.

Un vrai style littéraire.


PASSAGE

"Et elle , d'abord fuyante , puis de plus en plus active répondant à ses provocations .

Elle ne se reconnaissait pas.

Elle adorait ça et en même temps elle se détestait.

Elle ne savait pas à quoi ça rimait mais elle l'espérait maintenant , dans leur wagon.

L'homme du train avait tout rempli . Ses jours. Ses nuits.

Un voyage sans escales."


Un thriller psychologique addictif , bien construit, aux thèmes d'actualité.

Un e lecture et un style à découvrir mais attention ...

La prochaine fois que vous prendrez le train , tâchez d'oublier cette histoire!






















  LAREM E DEBBAH LA MAISON DU BORD DE MER ROMAN FICTIF 225 PAGES AUTOEDITION Puisque nous serons emportés sans retour, puisque rien n'es...