samedi 28 novembre 2020

 BORDERLINE

ZOE HABBABOU

ROMAN INITIATIQUE ET PHILOSOPHIQUE

314 PAGES

AUTOEDITION


Borderline...

Sur l'arête de la vie..

L'état limite..

Quelque part entre émotions explosées et vide incommensurable.

Quelque part entre archisensibilié , impulsivité, instabilité à la frontière de la névrose.

Un monde sans nuances où se balancent certaines consciences.

Un monde intérieur et extérieur où une certaine vision de la réalité et de la vérité est décuplée d'intensité 

La recoloration d'un monde sourd, endormi à travers les tourments d'humains au vernis fragile.

Cet essentiel de la vie: la conscience.

Cette conscience je l'ai empoigné , aseptisée et transfusée aux normes asphyxiées de cette société viclarde et décharnée.

Comme le lierre noir , elle s'était cramponnée et avait fait de moi une terre bâclée , un portrait pillé , un pantin disloqué et matrixé.

J'étais tout juste assez douée pour dire Amen à cette conformité gerbante.

-Regarde moi bien , lui dis- je

Tu te sens libre parce que tu n'est pas enfermée?

Parce que tu n'est l'esclave de rien...excepté de tes tyrans quotidiens?

Tu t'es déjà éclaté contre ce monde?

Tu as déjà ressenti ce besoin viscéral d'avoir mal pour te prouver que tu es en vie?

Parce que tout ce que tu crois vivre c'est d'une tiédeur écoeurante , d'une lenteur larvaire.

Il faut te disperser dans l'angoisse, la solitude , le face à face , t'extraire de ce monde pour mieux le voir, mieux l'aimer.

Cesser de te traîner comme un corbillard dans l'éclat funeste de tes illusions.

Eventrer ces chimères qui creusent chaque jour un peu plus le lit obscur de ton tombeau.

Oui, nul besoin d'être mort pour être cloué au sol, tu le fais si bien quand tu es incapable de descendre en profondeur.

Quand tu vivotes et gigotes niaisement comme un poisson hors de son bocal.

Quand tu hypothèque ta conscience pour des nécessités triviales.

Et toi qui me lis, tu es qui?

Un rescapé de la vie ou un rescapé de la mort?

T'acquittes tu honnêtement des responsabilités de ta conscience?

"Qui éveilles la vie chez les autres contribue à donner un sens à la vie"

Anselm Grun


"Ce que tu nies te soumet, ce que tu acceptes te transforme"

Carl Gustav Jung


L'HISTOIRE


D'abord, il y a ce jaguar à moitié crevé, il le suit plus fidèle , plus coriace que ces satanés être humains.

Lui, c'est Travis , un mec déchiré, commotionné par une réalité hallucinogène.

Avec sa trouille de vivre sans être à la hauteur de ses rêves .

Il raconte son histoire de fou, ce gamin mal aimé , rejeté , humilié .

Cet adolescent qui résiste, qui bosse dur pour rapetisser l'écart entre la réalité qu'on lui impose et la réalité de sa conscience.

Ce mec qui s'expose au sublime avec ses comportements dangereux , qui se trouve, se perd , se retrouve à travers ses souvenirs qu'il revit en accéléré .

Cette errance , c'est son identité profonde , il construit et déconstruit , il fabrique un monde dans sa tête totalement décroché de la réalité , il signe alors son pacte avec la folie.

Très subjectif la folie n'est ce pas?

Chaque fois qu'il est ramené à sa conscience, il se transforme.

Groggy dans un hôtel miteux en pleine hallucination , son retour au monde se ponctue de flashbacks , d'introspection, de rêves ..

L'itinéraire d'un marginal en mal de vivre qui tentera grâce au chamanisme cette pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits de retrouver un sens à sa vie.

Vous découvrirez Tyler sa soeur jumelle, son double , son alter ego , leurs descentes aux enfers .

Il vous parlera de Wish son chaman..

Vous reconstituerez peu à peu dans cette ambiance psychédélique le puzzle de sa vie.


LE PERSONNAGE

Je dis le personnage car il est le pilier central de l'histoire.

Travis est un véritable éléctrochoc.

Il vous ressucite et vous réanime de ses réflexions désintéressées.

Il est brut, il se livre à âme perdue dans des détails les plus sordides

Il est pur et nous épure de toutes les souillures de ce monde pollué de faux semblants.

Il nous charge à bloc, il rayonne , il est une rature embellie , il nous fait prendre conscience de la difficulté d'être..

Il nous saisit le coeur , sa psychologie est à saisir à vif..


LE RECIT

La narration est à la première personne et c'est celle que je préfère, celle qui crée la proximité avec le lecteur.

L'immersion est totale.

On explique moins , on accepte davantage et on s'identifie.

Un choix intuitif qui correspond à la vision du récit.

On est dans l'action directe et c'est ainsi très addictif.

Il faut juste un moment afin de pouvoir situer l'histoire et la chronologie des événements.

Malgré cet emploi , l'auteur n'a pas omis de travailler ses descriptifs ce qui n'est pas toujours le cas dans ce style de récit.


LE STYLE DE L'AUTEUR

Certains auteurs sont les seuls à pouvoir dire ce qu'ils ont à dire.

C'est le cas pour Zoé Habbabou 

Son style c'est sa sensibilité personnelle.

Elle est juste avec elle même.

Un style qui est le jaillissement de son intérieur.

Difficilement classable , à prendre où à laisser, à aimer où à détester!

Le vocabulaire est cru , en cohésion avec le ton de l'histoire.

Les mots sont puissants invitant aux plus belles comme aux plus infectes images.

Elle est excessive et souvent choquante.

Elle jure comme un bonhomme et la minute d'après elle se révèle en subtilité.

Tout est retranscrit honnêtement , je dirais que c'est son label



PASSAGE

"Et elle demandait :

Comment est ce possible?

D'avoir besoin de choses qui n'existent pas !

Rêver de sensations qu'on ne connaitra jamais?

Avoir le souvenir de trucs qu'on a jamais vécus?

On a fait des milliers de kilomètres à la poursuite de cette chose , la pourchassant comme des bêtes affamées.

Son odeur était là , les traces étaient fraîches , la piste était infime , ténue mais indéniablement on était sur la bonne route.

Seulement on arrivait toujours trop tard . La chose avait toujours de l'avance sur nous.

Elle nous a fait courir comme des perdus , nous a traînés à travers les ronces , essoufflés , la langue pendante.

Mais elle demeure toujours insaisissable .

Elle nous narguait de loin , nous faisait signe et attendait tranquillement qu'on approche pour déguerpir au moment où on allait l'atteindre."


Vous pensiez que rien n'était noir?

Lisez "Borderline" ce roman aux sombres résonnances et tentez donc de tisser les liens de la haine et de l'amour dans cette sphère mortifère...













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