vendredi 30 juillet 2021

 DELPHINE lAPAJ

VIDE-GRENIERS

RECUEIL D'HISTOIRES

AUTOEDITION



Je me suis toujours dit que chiner dans un vide grenier c'était un peu se balader dans l'âme des gens 

L'encombrement des mémoires, du temps et des souvenirs. 

Ceux qu'on voudrait oublier , ceux qui prennent trop de place et ceux qui n'ont plus leur place..

Alors on vide tout , on éventre les malles du passé et en quelques instants on dépense sa vie sur la noble étal d'un parking endimanché.

Des remises sur une vie qui n'a plus d'emprise .

Des objets dans leur jus, à dépoussiérer ou à restaurer comme une vieille promesse , une seconde identité.

Un petit coin pavé des histoires de chacun où intimité et voyeurisme se côtoient dans ce joyeux foutoir.

C'est l'histoire du dernier roman de Delphine Lapaj dont j'apprécie la plume sensible et ronde.

Je l'ai découverte avec sa très belle nouvelle:

Les théières de Belleek.

Vide -Greniers , c'est une journée dominicale où l'auteur se pose sur une vieille chaise de pêche avec toutes ses petites choses futiles et nécessaires.

Elle observe, elle écoute tous ces gens à l'affût de tout et n'importe quoi.

Elle pose un prix, négocie ou offre généreusement aux plus démunis.

Ce ballet de gens , c'est un peu un kaléidoscope d'inégalités sociales, un paysage d'humeurs variées .

Le bonheur est parfois possession.

Une analyse fine sur les psychologies , un regard bienveillant sur le monde qui l'entoure , une réflexion posée ..

Un mélange d'états d'âme et d'errance décorés par un vocabulaire à la fois précieux et cru.

La plume est simple et poétique, fluide et accessible.

Un dimanche ouvrant une brèche du temps sur les détails immobiles d'un monde qui existe autrement.


" Je n'ai encore rien trouvé de mieux que les gens come source d'inspiration"

Delphine Lapaj







mardi 27 juillet 2021

 RACINE DE NUAGE

ANOUCHKA

EDITIONS EX -AEQUO

114 PAGES



Même après lecture, l'extase perdure.

Mon âme serait elle damnée dans les folles moiteurs, encore à leurs heures d'un désir qui torpille et convulse chacun de mes souffles?

Ma plume trempe dans les coulures de la divine torture , de douces et violentes ecchymoses viennent mourir dans une nuit close où l'âme affaiblie décide de partir..

Une histoire d'art, un cauchemar, un fou présage, une passion aux ivresses enfiévrées se posent sous mes yeux demandeurs en flamboyants pigments de couleurs.

Opprimée par la réalité, je viens trembler sous ses mains qui soulèvent enfin le voile interdit.

Une envolée aux impalpables nuées entre un sculpteur et sa muse.

Un peu comme Rodin et Camille Claudel, je fais la part belle aux tentations de Lucifer ou aux savantes embellies..

Et ne vous fiez donc pas au doux nuancier de sa couverture car à la croisée des airs , dans cette ligne de poussière , l'enfer est sculpté en forme de vie et la vie sculptée en forme d'enfer.

Chaque mot souffre ou exulte de son sens.

Chaque geste est imprévu et nécessaire.

L'art orgueilleux qui ronge et éponge toutes les souillures et salissures immondes d'une enfance en putréfaction.

La passion qui anoblit l'art à son grand désespoir et semble lui voler son intimité et sa puissance créative.

"RACINE DE NUAGE" est le premier roman d'Anouchka et pour un coup d'essai ce fût un coup de maître ..

Anouchka est une auteure vichyssoise .

Des études de philosophie , de psychologie , une "crise intérieure de Bergson" plus tard, elle devient bibliothérapeute  et écrit son premier roman..


Romain est un homme et un sculpteur torturé par ses propres pensées , par son propre passé qui semble inexorablement le rattraper dans chaque infime pas en avant.

Une condamnation à perpétuité que lui a infligé sa propre mère.

L'enfant du placard, du noir, du désespoir..

Humilié, violé, maltraité , il transcende ses ratures, ses tortures en enluminures.

La sculpture devient alors une éternité de douleurs immobiles..

Le récif de son imaginaire est sans fond et la magie de ses doigts ondoie sur le marbre ému telle une lueur trouant un ciel obscène..

Elle le sauve de chaque instant, apaise le souvenir des hurlements, épouse les mouvements d'un éphémère éblouissement..


Elle , c'est Eloise, une jeune étudiante libre et désinvolte, elle est bien plus jeune que lui..

Mais ce soir là , lorsqu'elle pousse la porte de cet humble atelier parisien elle est bien loin de s'imaginer ou l'art l'emportera.

Drapée de sa nudité, elle va alors vaciller dans les velléités folles et novices d'une passion aussi pure , puissante que destructrice.

Elle pose, lui il ne sait plus si il ose  sombrer dans les éclats que sa chair renvoie..

Il la tatoue de ses fragiles contours

Bourreau de ses soupirs, comment l'avertir que sur ses cuisses lisses , les supplices sont ses poussées existentielles?

Comment ne pas aussi dans cette passion impossible à refouler , ne pas tuer la création?

Céder c'est déjà renoncer à l'essence même de l'inspiration et du sublime..

Avec ou sans elle la vie n'est déjà plus que le point fuyant de l'amour et de la créativité..


Cette lecture m'a obnubilée bien des journées.

Confrontée à mes propres interrogations..

J'ai succombé à cette histoire, à ce style magistral..

A ces mots ciselés et dentelés , entre infinie douceur et pulsions dévorantes

Mais j'ai eu mal aussi..

Le plus beau , le plus grand s'accompagne  très souvent d'une incommensurable douleur

Fatale injustice?

Ce livre m' avoua du bout de doigts ce que l'amour prodigua..


Je remercie chaleureusement les éditions Ex- Aequo et particulièrement Jeanne Malysa pour cette découverte dont je n'aurais pu me passer..


Je vous laisse sur ces quelques lignes..


"Etrange destin que celui d'un être doué d'un immense talent. Le talent n'est pas un cadeau accordé par la vie mais un cheval fougueux qui désarçonne celui qui tente de le dompter afin de le retenir , souvent au prix d'une grande souffrance."


"Ils se sont rejoints dans un espace temps dont il détient les clés. Il lui suffit de laisser pénétrer la lumière de son ombre pour que sa fragrance transcende le réel et le transporte contre elle.

Dans cette attente , il expie jusqu'à ce moment d'extase où rien n'existe plus qu'elle et lui enlacés pour toujours autour de deux purs esprits."





















































































































samedi 24 juillet 2021

 LUCIE RENARD

UNE FLAMME ETERNELLE

ROMAN FICTION

AUTOEDITION

252 PAGES

SORTIE JUILLET 2021


Chers lecteurs,

Je vous accueille aujourd'hui de ma plume pyrolysée des lueurs hurlantes et brûlantes des réminiscences.

Des tisons qui traînent , ardents allumages d'un vieux paysage , d'un nouvel arrivage..

Les souvenirs sont inflammables et flambent souvent en gerbes vacillantes , en étincelles incandescentes dans le brasier d'une vie où plus rien ne reluit vraiment.

Oriflamme du temps qui passe , le souvenir étend sa puissance et scande l'inconscient à se remémorer.

Telle la flamme , il peut alors détruire ou illuminer..

Bien émouvants ils sont quand subrepticement dans nos rêves , ils prennent place.

Et comme le dit si bien Franklin Pierce Adams

"Rien n'est plus responsable de bons vieux souvenirs qu'une mauvaise mémoire."

Le temps guérit -il passé comme de bonnes vieilles illusions ou supplante t-il une réalité jetée en confettis ?

Des rêves posés en charnières en justes interprétations de nos abandons , sommes nous ce qui reviens?

Nos histoire, nos mémoires sont-elles des torches à longs faisceaux d'éternité?

Y aurait-il des incendies à déclencher?

Ecouter le souffle profond de son coeur, revenir à soi , passe t-il aussi par un retour de flamme?

Comme vous l'avez bien compris , la flamme est l'élément détonateur du dernier roman de Lucie Renard 

Une "Flamme éternelle" est le neuvième roman de l'auteure et la quatrième découverte pour moi après

-Le train qui en cachait un autre

-Bleu comme toi

Et Scènes from an italian restaurant

Je redécouvre ainsi le style fidèle de l'auteure , une plume vivante, tendre et toujours au plus près des complexités humaines.

Un roman à la verve nostalgique qui darde ses flammèches dans les combustibles oubliés du coeur .

A nos chers disparus, aux occasions manquées, aux intempéries du passé et au flambeau de l'avenir..

Lecteur, 

Ferme les yeux

Donne moi ta main

Ressens tu la même chose?

Suis-je en plein rêve?

Ou brûlons nous d'une flamme éternelle

Eternal flame 

The Bangles


Ana est une jeune femme pleine de sérénité virevoltant dans un esprit assez solitaire mais aussi quelque peu mystérieux et lointain.

Naturopathe, son quotidien se partage entre son métier et ses deux enfants Aubépine et Antoine.

Trois "A" dans les aléas d'une vie monotone ..

Il y a aussi son mari ce "cher" Philippe plus carriériste et sournois que père et mari.

Comme chaque été , comme chaque année , c'est sur les plages normandes qu'Ana et les siens passent leurs vacances dans leur résidence secondaire.

Cette année il n'y a pas que la maison qui est secondaire , en effet Philippe sous couvert d'une trop grande charge de travail, brille par son absence

Qu'importe ! Dans la douceur de vivre, ce petit monde peut enfin flâner et se laisser suspendre par le temps des vacances.

Un bain de santé et de liberté , issue rêveuse d'un quotidien parisien un rien asphyxiant.

Portrait grâcieux d'une famille presque ordinaire.

Mais dans ce fief de tranquillité , va s'élever l'ombre du miroir du temps.

Un jour d'orage , sous un ciel gris cendrier , Ana fige son regard sur les tours mystérieuses d'un vieux manoir à l'abandon..

Refont alors surfaces les vagues agitées du passé, d'étranges visions venues du fin fond de ses seize ans..

La flamme qu'elle croyait éteinte, étouffée peut elle encore l'embraser?


Un roman coup de coeur pour moi..

Une lecture solaire ou l'auteure nous transporte dans les brèches brûlantes du fantomatique et de l'énigmatique.

Une histoire originale , une intrigue efficace et une incroyable douceur dans les descriptions en font un roman à la fois agréable et surprenant.

On se laisse emporter entre deux temps, on vacille dans deux époques mais sans jamais perdre le fil de la lecture.

Les personnages sont simples, attachants, pleins de cette lueur de sincérité que sait si bien exprimer Lucie Renard.

J'ai aimé la chute , une fin qui dessine l'ébauche d'un  renouveau mais qui ne contraint pas l'imagination du lecteur.

Une fin qui pourrait annoncer une suite aussi.

Et puis toujours cette très belle idée de la playlist en tête de chaque chapitre

L'histoire reste alors gravée par les mots et les sons..

Une lecture d'été à emporter , 

C'est un beau roman, c'est une belle histoire...

Et vous apprécierez tout autant la note de fin de l'auteure , témoin de sa grandeur d'âme..

PASSAGE

" Nous regardions tous deux en direction de la mer, vers nos enfants qui, ayant achevé leur repas avaient repris leur chasse aux coquillages et leurs constructions éphémères .

Je pensais à la vie , à ce qu'elle offre , à ce qu'elle reprend aussi , aux moments furtifs qui apparaissent et qui l'instant d'après , appartiennent au passé . J'eus  soudain l'impression d'avoir beaucoup vécu.."


















mardi 13 juillet 2021

 STEFAN ZWEIG

VINGT-QUATRE HEURES DE LA VIE D'UNE FEMME

LE LIVRE DE POCHE

124 PAGES

NOUVELLE

COURT ROMAN



" Au début de 1942, la radio de Paris nous annonçait que l'écrivain juif Stefan Zweig venait de se donner la mort au Brésil.

Nouvelle reproduite le lendemain en trois lignes par les journaux nazis de la capitale.

Et ce fût ensuite le silence complet sur ce grand et noble écrivain qui avait acquis en France une renommée égale à celle de nos meilleurs auteurs."


Stefan Zweig est un auteur autrichien , biographe, docteur en philosophie et grand voyageur.

Il fréquenta la fine fleur de l'intelligentzia juive avant de s'exiler à Londres et fût littéralement fasciné et influencé par l'oeuvre de Nietzche  , un court traité philosophique lui sera dédié..

Stefan Zweig préfère alors l'écriture de romans courts ou de nouvelles aux romans longs.

On en connait fort bien certains tels que:

-Lettre à une inconnue

-La confusion des sentients

-Le joueur d'échecs

Et puis, "vingt-quatre heures de la vie d'une femme "dans lequel le spectre de la passion foudroyante y est sublimement analysé et écrit.

" Une passion ne souffre ni organisation , ni prévoyance , elle n'est que folle témérité , risques et spontanéité."

Alain Gagnon

Un esprit qui fait faillite , un coup de folie, un excès de vie , un fanatique engouement ..

Nommez là comme vous voudrez!

La passion c'est bien tout cela et plus encore!

Et sous ses jupons , le double mouvement de la raison et de l'obsession.

Une existence rendue à son aspect primitif, à une pulsion, à une violence irrésistible.

Une réalité éclipsée, un horizon pulvérisé dans la plaie dissidente de l'adoration et de l'agitation.

La grâce d'un caprice , qui prend l'instinct pour complice et le "sans explication" pour raison.

Belliqueuse représailles que la lutte d'une passion et de la raison.

Supercherie du fantasme et de l'illusion..

Si la passion a un visage , c'est bien sous la plume sublime de Stefan Zweig qu'elle devient fascinante.

Une nouvelle sur deux situations, deux superpositions de récit.

Je vous raconte..

Début des années 30, une pension hôtelière bourgeoise où un certain gratin d'une société à la "Maupassant" fait et défait le monde , on s'épie, on juge , on est superficiel et on a l'esprit bien étriqué.

Ce paisible lieu va bientôt  devenir le théâtre d'un beau scandale.

Mme Henriette respectable femme mariée disparaît brusquement avec un jeune dandy rencontré vingt-quatre heures auparavant.

Consternation dans la pension de famille où une violente dispute éclate au sujet de la dite moralité de la jeune femme..

Seul notre narrateur va tenter de comprendre et d'analyser ce coup de folie..

Il va alors rencontrer un bien mystérieux soutien en la personne de Mme C, vielle et distinguée dame anglaise.

Elle va alors lui confier les incroyables vingt-quatre heures qui ont à jamais bouleversé sa vie .

L'histoire brève d'une passion terrible et violente.

Une nouvelle en deux temps , un récit de départ , puis les vingt-quatre heures racontées par Mme C..en seconde partie.

L'auteur tiendra secret l'identité des protagonistes durant toute l'histoire.

Une analyse psychologique et sociologique résultant d'une correspondance intense avec Freud avec des notions de réflexion sur "la culpabilité", la "faute", l'infidélité.

La trame narrative est captivante et la plume somptueuse .

Le style de Stefan Zweig est admirable , reflet de son âme tourmentée et passionnée.

Souvent bâillonné dans la réalité et victime d'un modèle éducatif, l'écriture de fictions devient un véritable exutoire.

Ses descriptions sont absolument saisissantes , son extrême sensibilité s'infiltre dans toutes les strates de son écriture.

La plume de Stefan Zweig est sensuelle , elle accroche chaque fibre de nôtre âme.

La magie d'un génie brisé qui tout au long de son existence doutera de ses talents littéraires..

Quant à moi, je n'ai pas fini de parcourir avec frénésie son oeuvre..


"On ne vit une seule heure pareille qu'une seule fois dans sa vie et cela n'arrive qu'à une personne parmi des millions , je ne me serais jamais doutée , sans ce terrible hasard , avec quelle force de désespoir , avec quelle rage effrénée , un homme abandonné , un homme perdu aspire une dernière fois la moindre goutte écarlate de vie.

Eloignée pendant vingt ans , come je l'avais été , de toutes les puissances démoniaques de l'existence , je n'aurais jamais compris la manière grandiose et fantastique dont parfois la nature concentre dans quelques souffles rapides tout ce qu'il y a en elle de vie et de mort, de ravissement et de désespérance."





 




mercredi 7 juillet 2021

 CHRISTINE PAYOT

POURQUOI ES -TU RESTEE

LA PETITE HELENE EDITIONS

TEMOIGNAGE

RECIT AUTOFICTIF

196 PAGES


Un sujet grave, tristement d'actualité , une réalité dérangeante encore trop souvent soumise à la loi de l'omerta.

-LES VIOLENCES CONJUGUALES

Des chiffres en incessantes croissance, une courbe effrayante de féminicides , la difficulté à rompre avec l'endoctrinement et l'impossibilité très souvent de partir...

Une justice lente, parfois laxiste, des associations dépassées et en manque de moyens .

Bref et sombre résumé du contexte d'aujourd'hui.

Des victimes , des maltraitants au profil bien défini et souvent récurrent:

Le pervers narcissique

Qui est -il?

Une personne atteinte de trouble de la personnalité , qui n'existe et se valorise qu'en dévalorisant l'autre par des jeux de pouvoirs et de perversions.

Injures, menaces, chantages, isolement , violences verbales et physiques, sexualité déviante, telles sont les cartes gagnantes du pervers narcissiques.

Je souhaite par ce biais, préciser que c'est une vraie pathologie dont le pervers narcissique ne se sortira qu'avec des soins et une prise en charge psychologique appropriée.

Ce qui sous entend une prise de conscience , une volonté de suivre ce long chemin de guérison.

Ce qui n'est que peu souvent le cas ..

Dans une relation toxique comme celle ci , ce sont les deux personnes qu'il faut traiter .

Ce qu'il y a de terrible , c'est que ce fléau s'insinue dans ce qu'il y a de plus beau et de plus intime: une présumée histoire d'amour., pour peu que l'on utilise les bons mots.

Ce qui nous amène d'ailleurs à mieux comprendre l'état de confusion mentale, la déstabilisation , l'ambivalence dans laquelle se retrouve la victime. Tout un mode opératoire , le rendant finalement très identifiable pour l'entourage extérieur , reconnaissance beaucoup plus compliquée pour sa victime..

Séduction, fascination paralysante, subtilement, sans rien lui imposer, il va alors prendre le contrôle total de sa victime éveillant ainsi l'ingrédient principal de la relation; le sentiment de culpabilité.

Le pervers narcissique a des dons acquis d'acteurs !

Mais revenons en à l'auteure..

Christine Payot est chroniqueuse littéraire et rédactrice d'un journal ; le casier littéraire.

La lecture, l'écriture en tours de survie..

Quand la vie ne tient plus ses promesses , la littérature professe..

Aujourd'hui c'est en tant qu'auteur , qu'elle vient nous raconter son histoire.

Vingt cinq ans avec un pervers narcissique.

On est pas sérieux quand on a dix sept ans mais on ne sait pas vraiment non plus ce qu'amour veut dire..

Christine Payot rencontre alors celui qui deviendra son mari et le père de ses trois enfants.

Une love story qui va vite chavirer en descente aux enfers.

L'amour annoncé se transforme vite en possession et en accès de jalousie.

Christine commence peu à peu à adapter son comportement à celui d'un mari coléreux et versatile.

Elle renonce à elle, à ses envies à ses aspirations pour devenir l'ombre de ce mari, limitant ainsi une violence toujours plus présente.

Elle perd assurance et joie de vivre., tout tourne autour de lui..

Même ses propres parents ne seront pas conviés à leur propre mariage, on déménage sans cesse parce que monsieur n'est bien nul part..

Christine accepte, encore et encore.

La naissance de trois enfants n'arrangera malheureusement rien..

Mais elle reste..

Elle restera vingt cinq longues années.

De promesses en désillusion, d'espoirs en abattements, chemin faisant, elle va alors comprendre que partir est crucial, vital, inévitable.

Mais est ce aussi simple?

Aujourd'hui , libérée , réparée , apaisée , elle se demande:

Pourquoi es tu restée?

A t-elle vraiment des réponses à cette question?

Elle suppose, elle se trouve des raisons et des arguments, il en a fallu pour tenir..

Faut-il chercher des réponses en soi?

Comment est ce possible d'accepter autant pendant si longtemps?


Une écriture cathartique..

La diffusion d'un message, une prévention , ce sont les raisons profondes du témoignage de l'auteure.


Alors pour tout vous avouer , j'ai souvent une prudence naturelle à entrer dans des récits intimistes.

Il n'est pas toujours facile de trouver sa place en tant que lectrice et cela me questionne.

Se raconter nécessite une longue réflexion car une fois écrit et publié c'est irréversible et avec le temps les expériences vécues prennent parfois d'autres tournures..

Nous ne sommes jamais à l'abri d'un changement d'état d'esprit.

J' ai aussi un peu de mal avec l'exposition des proches, ceci est très personnel mais je tenais à confier ce ressenti.

J'oscille toujours entre courage et une certaine insouciance , peut-être que c'est tout cela à la fois.

Oui parce que je suis consciente de la portée de cette démarche et que surement elle n'a pas été facile

Je crois que j'en serais totalement incapable , par pudeur, donc oui ça m'interroge.

Néanmoins je pense que c'est un vrai exercice de vie. de pouvoir se raconter de façon sincère et transparente.

Et Christine Payot a très bien représenter tout les rouages de cette spirale de violence et d'emprises.


En ce qui concerne l'écriture, j'ai trouvé que la plume était souvent distante et le côté émotion m'a un peu manqué..

Etait- ce une façon de se protéger?

Souvent, j'aurais souhaité qu'elle livre davantage ses ressentis, ses angoisse, tout est assez survolé le récit devient une succession de faits .



Une lecture qui demeure poignante, un vécu qui mérite le respect ..

Un message d'espoir pour toutes les femmes victimes de violences conjugales.

Une autobiographie, c'est le courant intérieur de la vie..

Une vérité, une réalité , un flux vers autrui..


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 CAROLINE LEBLANC LETTRES DE BARCELONE RECUEIL DE LETTRES AUTOEDITION J'effeuille ces lettres aux lignes de vie, des missives ensoleillé...