mardi 28 septembre 2021

 ALEXANDRE PAGE

ROUSSALKI

412 PAGES

AUTOEDITION


"Il est rare que la vérité rattrape le terrain perdu sur la légende" écrivait Stefan Zweig..

Les temps, les bouleversements ébrèchent et dispersent souvent certaines réalités et le regard que nous y prêtons. Croire devient alors la recréation des choses, croire pour se rassurer , pour différer nos destinées , pour faire vivre d'autres possibilités ou d'autres aliénations. 

Aux confins mystérieux des croyances: les religions, les rites, les mythes et les légendes viennent étayer la constitution de nos réflexions et de nos intégrations. 

Célébrons pour l'heure, la légende et plus précisément une légende slave.

Grimpons sur une télègue  et allons visiter les "isbas" (petites maisons paysannes russes), les us et coutumes des contrées reculées de la Russie du dix- neuvième siècle.

Vous me suivez? Tant mieux, car sous peu , je vais embrumer votre esprit de sensations sombres et faire traîner l'espoir sur vos petites âmes encore tranquilles.

Je vais me faire , le temps de quelques lignes la fée de brumaille aux doigts recroquevillés et empressés de vous conter l'histoire du dernier roman d'Alexandre Page.

ROUSSALKI

Une traversée romanesque au pays des naiades slaves. Oui Roussalki est le pluriel de Roussalka qui désigne une sirène. Une couverture bleu mythique , un titre court et envoutant , vous avez déjà les prémices nébuleux d'une histoire aux remontées inattendues , truculentes et sans fond.

Attention, l'étanchéité de vos esprits n'est plus guère garanti..

C'est donc le troisième roman de l'auteur que je découvre après :

-Partir, c'est mourir un peu

Et

-La Petite Dame Sans

Et c'est sans plus attendre que je vais vous raconter cette histoire et vous confier mon ressenti.


L'HISTOIRE


Vassili Vassilievitch Saltikov  est un voyageur raffiné et énigmatique . Quand il pose son pied dans la petite ville pauvre de Tcherepitsa , il a alors un dessein bien singulier dont je ne vous parlerai pas bien évidemment , mais sachez simplement que de la plus belle et noble des intentions peut naître un très grand mal. Durant cet étrange séjour où il s'empresse de mener à bien quelques recherches , il va alors faire de bien étranges rencontres ..

Il y en premier lieu Ivan Mikhailovitch qui l'accueille à bras et coeur ouverts au sein de sa famille et de son "isba", puis il y a Fedouchka, ce pauvre jeune bougre simplet..

Il fait alors aussi  la connaissance de la comtesse de Zoubrovski, secrète, chétive et recluse puis de Marva , l'impénétrable sorcière au sourire sybillin.

Mais surtout, il y ce lac argenté berceau d'une légende ancrée depuis fort longtemps, celle des Roussalki , ces sirènes d'eaux douces aux robes de brumes , aux teints pâles et aux yeux verdâtres.

Un conte né d'une fête paienne ; la Trinité.

Que font -elles dans ce lac?

Que viennent -elles rechercher de leurs profondeurs?

Pourquoi s'étendent-elles à travers bois et champs par des nuits claires?

Vous le saurez très bientôt , mais surtout n'oubliez pas votre feuille d'armoise cachée sous la semelle de votre soulier..

Un conte, une légende qui va tisser et reconstituer ce puzzle de l'étrange.et qui va à jamais lier chacun des personnages entre eux..


MON AVIS


Pas de suspens en longueur, c'est un immense coup de coeur !

Je dirais même que c'est à cet instant le meilleur roman de l'auteur qui a révélé toute sa verve poétique et onirique.

Comme à l'accoutumée , c'est un travail scrupuleux de recherches et de justesse.

Ce roman relate de façon accessible et entrainante une grande légende de la mythologie slave.

Les descriptions des villages et de la vie paysanne de l'époque sont vivantes , développées et pleines d'authenticité, tellement visuelles qu'on a l'impression de cheminer avec sur ces sentiers , de vivre avec ces protagonistes.

Le style est fidèle à lui même , plus poétisé , plus ensorcelant..

Les chapitres ne sont pas trop longs , j'ai vraiment apprécié ..

En marge de cette histoire, de cette légende une morale se dessine que chacun analysera à sa guise ..

Le point culminant revient à l'atmosphère générale du livre, l'auteur a  su avec maestria nous envelopper de cette aura étrange qu'entretiennent les légendes.

L'auteur n'a pas rationalisé son histoire et c'est sa plus belle victoire.

Je suis laissée porter par les brumes , en apesanteur dans ce bout d'univers où je suis passée sans laisser d'ombres..

Les légendes ne meurent jamais...

Et comme dans tous les romans d'Alexandre Page , le livre s'ouvre sur un poème que je vous partage avec plaisir..


"La lune glisse entre les nuages légers ,

Et un rayon d'argent se repose 

Sur la terre endormie

Une sirène nage , tout en élégance 

Et tranquillement joue avec ses tresses

Au dessus de la sombre rivière

Dans l'eau , elle admire son reflet , 

Et elle chante au clair de lune

Les sons tristes portent 

Sa langueur et son chagrin

La sirène chante et regarde au loin

Elle attend , elle se désole , 

Elle se languit de quelqu'un, 

De celui qu'elle enchantera

FIODOR SOLOGOUB, ROUSSALKI 1878














dimanche 19 septembre 2021

 CAROLINE LEBLANC

LETTRES DE BARCELONE

RECUEIL DE LETTRES

AUTOEDITION


J'effeuille ces lettres aux lignes de vie, des missives ensoleillées scellées par des souvenirs au doux cachet.

Je vous déroule , ici, les brefs récits d'une petite parisienne expatriée. Aguerrie, accomplie , je la suis dans les expectatives inattendues de sa nouvelle vie. 

Avec Caroline Leblanc , je découvre Barcelone la"guapa", capitale catalane où elle dépose sa destinée en 2016. Je dis "aguerrie" car l'expatriation semble être une vocation , un don chez l'auteure, qui a déjà plié et déplié bagages à Madrid et Buenos Aires.

Barcelone , ville à l'histoire sculptée de cultures, de lieux insolites , de foules et de couleurs bigarrées , d'architecture antiques, de littérature et d'instants aromatiques jonchant les vieux pavés.

Barcelone c'est aussi le souffle brûlant des cafés, du soleil , du sable fin et doré des plages.

La ronde des rues aux noms de poètes, d'architectes, d'écrivains ou de politiciens.

Des artères au coeur de la ville , des morceaux d'histoire , la culture populaire et ses expressions .

L'ombre de Franco, le folklore local, Don Quichotte , le roman de Miguel de Cervantes., les tubes de l'été, les palmiers et les perruches vertes, en passant par l'art culinaire..

Une ville plurielle, multiculturelle à l'histoire ancienne et moderne.

Le recueil de lettres de Caroline Leblanc est soigneusement organisé par thèmes , des références littéraires, historiques, des leçons de vocabulaires, des scènes de la vie quotidienne , de la difficulté à l'émerveillement d'une vie ailleurs..

Elle se raconte, dans ce journal de bord, d'une manière très sincère et intime, des petits aléas de la vie à ses engagements, la chorale, son club de lecture , ses escales , cette douceur de vivre.

Un chemin de vie et de valeurs, une ouverture vers l'autre et ses différences, Une vision fixée sur la tolérance et l'enrichissement de l'autre.

Une plume vagabonde, ronde , fluide et pleine de savoureuse culture.

Une plume tout en confidences nous entraînant bien loin des clichés et de la vie touristique.

Le sentier unique et singulier du vécu, je suis rentrée à pas feutrés dans le livre de sa vie , dans l'intimité d'une vie d'expatriée..

J''y ai retrouvé un peu de mon histoire puisque j'ai aussi vécu cette expérience pendant cinq ans.

Une jolie visite guidée et prisée , vous y découvrirez également en fin de lecture un glossaire de bonnes adresses si ce voyage vous tente désormais.

Sur ce, adios, chers lecteurs..


PASSAGES

"Il y a des palmiers partout dans Barcelone , douceur du climat oblige. Dans leurs feuilles, se nichent des perruches, de la même couleur vert clair que les feuilles. Ce sont des "loros argentinos" , des perruches argentines , importées il y a des années d'Amérique du sud et retournées à l'état sauvage."


"Chaque week-end barcelonais, je vais au bord de la mer . En hiver, je me contente d'une balade à pied de mon appartement à la plage de Poblenou. Au printemps, à l'automne , je prends le train vers le nord et je me promène le long des plages . De Vilassar de Mar à El Masnou , de Premia à Montgat , d'Ocata à Badalona. La mer, l'iode , le vent et le soleil me donnent leur énergie."


"Je dis souvent " dans une autre vie". Pas en vertu d'une croyance en la réincarnation . Mais du sentiment que  ma vie est une suite de vies , ponctuées par les déménagements ou des changements de lieux de travail avec des débuts et des fins. Dans chacune de ces vies , j'étais une version de moi même tel un caméléon , à Paris , aux Etats Unis ou à Barcelone."






lundi 13 septembre 2021

 RAPHAEL WATBLED

JOURNAL D'UN SANS MEMOIRE

EPISODE 1

A LA CROISEE DES PONTS

THRILLER DE CHARME

EDITIONS EX AEQUO

126 PAGES


Qui suis-je?

Une histoire?

Un présage?

Un passage?

Un pensionnaire de mon imaginaire?

Une entité immuable ou imprévisible?

Un assortiment de données vendues par le sort?

Rien ne semble écrit d'avance dans le sombre miroir  de mon regard , de ma mémoire quand les souvenirs se font la malle , en beau fouillis et que ma vie à tâtons fuit déjà les ponctuations de sa filiation.

Mon esprit est spongieux mais encore imbibé d'un jus de vie que je saisis de mes pensées liquéfiées.

Mes sens sont entrebâillés et dans la douce cécité de tout préjugé , de nouvelles vérités restent à explorer, à goûter , à cerner et à deviner. Dans les frissons de l'oubli , mes perceptions exultent, derniers ancrages d'une vie avérée. 

Sous l'amnésie, le plaisir ..

De ces journées où plus rien n'est certain, ma sensualité se révèle , puissante et incontrôlable.

J'ai l'orage dans la peau et sous mes mains un plaisir sans fin. Observant et obéissant , je glisse sous tous ses beaux versants.

Je me guette, je me recherche tel un bois flotté vers son rivage.


Mais vous ai-je raconté mon histoire?

Je m'appelle "Melvin" enfin "Mel" , enfin il fallait bien qu'on m'appelle!

Ce nom me va bien pour l'instant..

Puisque l'instant c'est tout ce qu'il me reste!

J'ai surement une histoire mais elle ne le dit pas. J' ai atterri à la croisée des ponts il y a de ça une poignée de jours certainement. D'où je viens, je n'en sais rien..

Un soir , assis sur un banc de fer vert, je rencontre Patchi et ses beaux yeux gris et sa poitrine qui me fait envie..

J' ai l'éclat stoique d'un sans mémoire et c'est sans aucune résistance que je la suis chez elle où je vais aussi rencontrer Timo..

Je vis avec eux des instants d'une sensualité irréelle.

Moi la bougie assoupie, elle me rallume d'une ardeur jusque là inconnue.

J'aime le plaisir avec elle mais je l'aime presque tout autant avec lui..

Puis c'est dans sa cuisine que je découvre l'odeur de la menthe , que j'aime tant sans savoir pourquoi.

Tout un florilège de sensations si familières et si étrangères à la fois.

Je vis désormais le moment présent et je déteste planifier , ça m'angoisse.

Je me laisse porter par le cours des évènements, et je me révèle tout doucement.

C'est comme si je venais de naître et que debout sur mes paupières je m'offrais le vrai spectacle de la vie.

Il faut que je vous dise aussi..

Une famille, les Courcelles m'ont gentiment recueilli , je leur ai sauvé la vie parait-il..

Je vais à l'aide d'un de leur ami, tenter de retrouver ma mémoire et mon histoire.

Faut-il vraiment que l'on se souvienne?

Je vis des heures inédites où mon passé oublié est peut être une bénédiction..


MON AVIS

Un roman si particulier, énigmatique où la nuit met en jeu les plaisirs contagieux.

Je suis tombée sous le charme de cette plume qui emmêle le langage poétique au délicieusement impudique..

L'écriture est charnelle , sensuelle, la force des émotions épousent celle des images.

Les dialogues sont forts , sans fards et la rencontre de Melvin et Patchi enivrante, troublante et ensorcelante.

Une atmosphère onirique , libre et sans complexe où tout est délivré avec sincérité et spontanéité.

Une intrigue folle et intrigante, une déambulation vers l'absolu.

Ce roman est une belle introduction à ce qui va suivre..

J'attendrai là où tout a commencé..














mardi 7 septembre 2021

 FLO RENARD

L'ELEGIE DES IMMORTELS

387 PAGES

AUTOEDITION



Fragrance ancienne , effluve Lovecraftienne..

L'occultisme face à l'angélisme..

Le magique et le fantastique 

La réalité et l'horreur cosmique.

Chignons flous, cheveux crantés et sautoirs de perles sur fond de musique jazzy, nous sommes bien dans les années folles Cet entre-deux-guerres où à nouveau, on espère. Triomphe de la féminité , plaisirs et exubérances symbolisent cette période d'effervescence et d'euphorie. L'intense soulagement de la libération , l'engouement naissant et éblouissant pour la culture sont les nouvelles conquêtes de cette époque .

C'est dans cette atmosphère de naguère que je découvre l'univers de Flo Renard.

Il y a ce titre..

"L' Elégie des Immortels"

Elégia signifie en grec ancien "chant de mort" , un genre de la poésie lyrique , peut aussi s'appliquer à la musique , son ton est plaintif, angoissant , il est l'expression de la souffrance et de la mort.

L'ambiance, le titre, le contexte tout était là pour que je rencontre ce beau roman.

C'est ma première lecture de cette auteure et surement pas la dernière.

Flo Renard est bibliothécaire, autant dire que les livres c'est son affaire!

Elle a également écrit:

-Marathon  men

-Aux petites heures de la nuit ( celui-ci me fait envie)

J'évoquais au début l'influence Lovecraftienne dont est délicatement imprégné ce roman.

Univers cynique , une dimension parallèle , une raison toujours mis en péril, toujours repousser les limites de la santé mentale et la noirceur en guise de réalité.

Immortalité , entités surnaturelles, folie en sont les piliers

Voir le mythe de Cthulhu.

Mais revenons- en au roman..

Nous sommes en décembre 1921, la guerre semble loin , mais certains stigmates flottent encore dans l'air. Armande est une toute jeune femme entre rebellion et envies folles.

Caractère bien trempé , respectueuse de son éducation mais loin d'être engluée dans les arriérées pensées de son époque , elle rêve d'indépendance , elle rêve aussi de devenir médecin.

Un quotidien sagement ordonné entre études et famille, sans oublier ce "fichu" fiancé Joseph Thévand à qui on tient absolument à la promettre.

Mais l'émancipation de la femme a encore le goût des illusions.

Il y Alexandrine, sa meilleure amie, ses frères Edmond et Alfred, Ninon , la fameuse tante Edith..

Et puis , il y a Marceau, ce jeune poilu encore hanté par les affres de la guerre dans lesquels il y a laissé un bras. Marceau exorcise ses traumatismes en illustrant des scènes vécues de guerre.Il aimerait bien pouvoir publier ses planches.

Armande a été la marraine de guerre de Marceau, lui expédiant missives et douceurs variées.

Entre eux la tendre ébauche d'une histoire d'amour , timide mais passionnée se dessine.

Mais le destin va bousculer les ardeurs , Edmond , le frère jumeau d'Armande est victime d'étranges événements et implore son secours..

Un livre énigmatique et convoité , une partition à réveiller les morts ou à assommer les vivants, un médaillon immémorial..

Armande et Marceau vont mener leur enquête parisienne.

Et ce qu'ils vont découvrir vous glacent l'échine..


J'ai eu un terrible coup de coeur pour ce roman aux notes fantastiques et ésotériques.

Une fresque palpitante d'une époque que j'affectionne tout particulièrement.

Tous les thèmes abordés sont justement analysés, les séquelles post traumatiques des poilus, le handicap, les différents statuts sociaux de l'époque, l'amour au grand jour encore tabou et pudique.

Les personnages sont magnifiques, ciselées de sensibilité pour certains, fondus dans la cruauté pour d'autres. Mais ô combien tous réussis!

Deux ambiances bercent ce roman, la légèreté d'une liberté enfin retrouvée et l'horreur d'un univers sectaire et satanique.

L'intrigue est grandiose et passionnante. Bien imaginée et bien maîtrisée.

Une première partie calme, contemplative de vies de nouveau à l'étrier, puis une seconde partie où les événements s'enchainent à belle allure , ne nous laissant aucun souffle indemne.

Une pointe d'humour, une joie de vivre exacerbée entoure ce roman qui peut par instants paraître très sombre. J'ai beaucoup aimé l'ambivalence de ces deux mondes.

Quant au style..

Un vrai style littéraire , des ornementations à profusion, un soupçon de poésie , une écriture surannée , un vocabulaire riche , des dialogues vivants et travaillés .

C'est fluide , c'est beau , ça vous prend au coeur..


PASSAGE

"D'une des lettres, elle tira une photo sur laquelle Marceau , la lèvre ornée d'une courte brosse de poils clairsemés qui se voulait moustache , mais ne parvenait pas à le vieillir, posait en uniforme de campagne à côté de son ami Maurice Talkovski. Elle demeura un instant à la contempler , l'air songeur puis la glissa soigneusement dans l'enveloppe jaunie. Jusqu'au soir elle étudia, le coeur chiffonné , ce témoignage d'une période pas si lointaine qui avait pourtant bouleversé leur vie à tous."












dimanche 5 septembre 2021

 AURELIE VALOGNES

LE TOURBILLON DE LA VIE

284 PAGES

EDITIONS FAYART


Autant en emporte le temps..

Le temps, ce fugueur insouciant qui passe , efface, nous suit à la trace , et quand on le perd , il ressuscite alors toutes nos attentes. La mémoire , ce miroir, cet avoir ou ce brouillard qui nous retient ou nous égare.

L'art magique de la souvenance s'étire le long d'une vie, sans répit puis pleine de sursis.

Se souvenir, c'est encore pouvoir imaginer, broder le révolu en méconnu, en dévolu.

"La mémoire , c'est l'imagination à l'envers" disait Daniel Pennac

Il n'y a jamais assez d'heures pour dénouer les douceurs , pour parler au coeur , pour tourner une à une les pages de l'âme qui s'étalent comme des feuilles mortes. Mais peu importe, c'est ici et maintenant , dans cet instant , dans le souffle du présent que l'on vit et que l'on se souvient..

Le Tourbillon de la Vie est le septième roman d'Aurélie Valognes.

Des romans qui font du bien, qui réconcilient avec la vie.

Lors d'une rencontre, elle m'a avoué l'engagement vital de d'une morale positive dans chacun de ses romans, qu'elle n'imagine pas autrement.

Il y a cette couverture gaie et colorée comme cet été là..

Des branches fleuries honorant la vie et ses racines sous un ciel béni d'amour. Des joies retrouvées, des joies fanées ou oubliées survivent dans le jardin des âmes en défloraison. 

La jeune pousse enlace l'arbre chargé..

Et moi, j'ai pensé. que ce roman était frais comme un bonbon à la menthe glacé un jour de pluie, tendre comme un chamallow noyé dans l'onctuosité d'un chocolat vanillé un soir d'hiver.

Remuant comme un voilage fin sous une brise d'été..

L'HISTOIRE

Il y a Louis, petit bonhomme de huit ans qui vient passer l'été chez son grand père Arthur.

Plus d'un quart de siècle les séparent , mais ensemble ils préparent leur histoire, réparent tout ce temps perdu et s'offrent une nouvelle mémoire.

Nina , la fille d'Arthur a bien voulu lui confier mais il sait qu'il n'a pas le droit de fauter. Il faudra improviser, surveiller à chaque instant, remplir ses journées..

Arthur n'a pas vu grandir Nina mais avec cet enfant , il veut partager ce qui lui reste à vivre, à découvrir en espérant secrètement regagner le coeur de Nina.

Louis vit dans les " demains" , Arthur essaie déjà de retenir le présent. A deux, le temps prend alors son plein sens, un lien qu'ils tissent au jour le jour , s'apprivoisant entre confessions, instants fusions et confusions..

Arthur était dans sa jeunesse , un comédien de théâtre et pour ça il avait tout sacrifié

Sa vie, il l'a toujours joué , surjoué comme si il avait déjà prévu d'oublier la sienne, trop lourde d'occasions ratées , d'amours manqués , bien trop pleine du vide de ce qui n'a jamais existé.

Ensemble; ils dénouent les peurs en bouffées de bonheur , ils combattent avec un tas d'astuces ce néant qui grignote la mémoire d'Arthur chaque jour un peu plus . Ils se grisent, s'enivrent de chaque sensation , s'enrichissent l'un de l'autre comme une ultime promesse. Il faut vivre sans plus attendre, tout prendre pendant que c'est encore possible.

Pour Arthur , déjà , l'automne est aux portes, sous ses pieds et parfois tout se met à tanguer dans son esprit. La mémoire , les souvenirs s'éreinte et entament leurs vastes plaintes.

Le temps n'est jamais le même quand on aime..


J' ai lu ce roman comme on ferait une balade sur les bords du temps , en apesanteur , trébuchant parfois sur ses relents cruels. La tendresse, la nostalgie et l'humour ponctuent ce récit émouvant.

Une lecture agréable même si j'y ai trouvé quelques longueurs ennuyantes , des dialogues rébarbatifs et un manque de relief dans l'histoire.

L'intrigue annoncée n'en est pas vraiment une puisque très vite elle s'annonce , laissant derrière elle un récit un eu trop linéaire et sans matière.

Ce n'est pas mon préféré d'Aurélie Valognes mais le style doux, sensible et délicat est bien toujours là..

J'ai également bien apprécié les chapitres découpés en Actes comme au théâtre et le "pour vous en dire plus " de l'auteur , aparté où elle confie ses ressentis sur cette période d'isolement imposé par la pandémie de Covid 19.


PASSAGE

"Tu avances dans la vie, moi je pars dans l'autre sens . Tout semble engendrer une marche arrière inéluctable. D'abord es petits tracas de l'âge qui prennent de plus en plus de place , qui avancent leurs pions. 

A tes côtés , Louis , tout me parait facile , réalisable , surmontable . Tu me fais du bien , mon petit, tu me distrais. Tu m'emmènes toujours du côté de l'optimisme et de la vie .

Avec toi, la mélancolie et l'abattement sont deux amis oubliés.

J'ignore comment évoluera le mal , à quelle vitesse . En attendant , je ne souffre pas. Pas vraiment.

C'est la seule maladie qui ne fait mal nue part.

Sauf à l'égo."







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