dimanche 5 septembre 2021

 AURELIE VALOGNES

LE TOURBILLON DE LA VIE

284 PAGES

EDITIONS FAYART


Autant en emporte le temps..

Le temps, ce fugueur insouciant qui passe , efface, nous suit à la trace , et quand on le perd , il ressuscite alors toutes nos attentes. La mémoire , ce miroir, cet avoir ou ce brouillard qui nous retient ou nous égare.

L'art magique de la souvenance s'étire le long d'une vie, sans répit puis pleine de sursis.

Se souvenir, c'est encore pouvoir imaginer, broder le révolu en méconnu, en dévolu.

"La mémoire , c'est l'imagination à l'envers" disait Daniel Pennac

Il n'y a jamais assez d'heures pour dénouer les douceurs , pour parler au coeur , pour tourner une à une les pages de l'âme qui s'étalent comme des feuilles mortes. Mais peu importe, c'est ici et maintenant , dans cet instant , dans le souffle du présent que l'on vit et que l'on se souvient..

Le Tourbillon de la Vie est le septième roman d'Aurélie Valognes.

Des romans qui font du bien, qui réconcilient avec la vie.

Lors d'une rencontre, elle m'a avoué l'engagement vital de d'une morale positive dans chacun de ses romans, qu'elle n'imagine pas autrement.

Il y a cette couverture gaie et colorée comme cet été là..

Des branches fleuries honorant la vie et ses racines sous un ciel béni d'amour. Des joies retrouvées, des joies fanées ou oubliées survivent dans le jardin des âmes en défloraison. 

La jeune pousse enlace l'arbre chargé..

Et moi, j'ai pensé. que ce roman était frais comme un bonbon à la menthe glacé un jour de pluie, tendre comme un chamallow noyé dans l'onctuosité d'un chocolat vanillé un soir d'hiver.

Remuant comme un voilage fin sous une brise d'été..

L'HISTOIRE

Il y a Louis, petit bonhomme de huit ans qui vient passer l'été chez son grand père Arthur.

Plus d'un quart de siècle les séparent , mais ensemble ils préparent leur histoire, réparent tout ce temps perdu et s'offrent une nouvelle mémoire.

Nina , la fille d'Arthur a bien voulu lui confier mais il sait qu'il n'a pas le droit de fauter. Il faudra improviser, surveiller à chaque instant, remplir ses journées..

Arthur n'a pas vu grandir Nina mais avec cet enfant , il veut partager ce qui lui reste à vivre, à découvrir en espérant secrètement regagner le coeur de Nina.

Louis vit dans les " demains" , Arthur essaie déjà de retenir le présent. A deux, le temps prend alors son plein sens, un lien qu'ils tissent au jour le jour , s'apprivoisant entre confessions, instants fusions et confusions..

Arthur était dans sa jeunesse , un comédien de théâtre et pour ça il avait tout sacrifié

Sa vie, il l'a toujours joué , surjoué comme si il avait déjà prévu d'oublier la sienne, trop lourde d'occasions ratées , d'amours manqués , bien trop pleine du vide de ce qui n'a jamais existé.

Ensemble; ils dénouent les peurs en bouffées de bonheur , ils combattent avec un tas d'astuces ce néant qui grignote la mémoire d'Arthur chaque jour un peu plus . Ils se grisent, s'enivrent de chaque sensation , s'enrichissent l'un de l'autre comme une ultime promesse. Il faut vivre sans plus attendre, tout prendre pendant que c'est encore possible.

Pour Arthur , déjà , l'automne est aux portes, sous ses pieds et parfois tout se met à tanguer dans son esprit. La mémoire , les souvenirs s'éreinte et entament leurs vastes plaintes.

Le temps n'est jamais le même quand on aime..


J' ai lu ce roman comme on ferait une balade sur les bords du temps , en apesanteur , trébuchant parfois sur ses relents cruels. La tendresse, la nostalgie et l'humour ponctuent ce récit émouvant.

Une lecture agréable même si j'y ai trouvé quelques longueurs ennuyantes , des dialogues rébarbatifs et un manque de relief dans l'histoire.

L'intrigue annoncée n'en est pas vraiment une puisque très vite elle s'annonce , laissant derrière elle un récit un eu trop linéaire et sans matière.

Ce n'est pas mon préféré d'Aurélie Valognes mais le style doux, sensible et délicat est bien toujours là..

J'ai également bien apprécié les chapitres découpés en Actes comme au théâtre et le "pour vous en dire plus " de l'auteur , aparté où elle confie ses ressentis sur cette période d'isolement imposé par la pandémie de Covid 19.


PASSAGE

"Tu avances dans la vie, moi je pars dans l'autre sens . Tout semble engendrer une marche arrière inéluctable. D'abord es petits tracas de l'âge qui prennent de plus en plus de place , qui avancent leurs pions. 

A tes côtés , Louis , tout me parait facile , réalisable , surmontable . Tu me fais du bien , mon petit, tu me distrais. Tu m'emmènes toujours du côté de l'optimisme et de la vie .

Avec toi, la mélancolie et l'abattement sont deux amis oubliés.

J'ignore comment évoluera le mal , à quelle vitesse . En attendant , je ne souffre pas. Pas vraiment.

C'est la seule maladie qui ne fait mal nue part.

Sauf à l'égo."







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

 CAROLINE LEBLANC LETTRES DE BARCELONE RECUEIL DE LETTRES AUTOEDITION J'effeuille ces lettres aux lignes de vie, des missives ensoleillé...