mercredi 5 avril 2023

 ANGELO CASILLI

LE SERMENT

Les serments sont faits pour être tenus

THRILLER

AUTOEDITION

291 PAGES


On ne sait pas faire grand chose avec la violence. Par quel bout la prendre. On essaie de comprendre autant dire que c'est comme le soir qui tombe, on y peut rien. On essaie aussi de faire remonter tout le noir de notre âme jusqu'à la vomir pour voir comment ça fait ou pas, je ne sais pas , on tente quelque chose . 

Certains savent pourtant, faisant ainsi de la violence un aspect indéniable de l'humanité. Souffrance muette, lâcheté écoeurante, traumatisme arrachant autant d'indices pour peu d'explications finalement.

Parfois il faut aller jusqu'au bout, comme une urgence qui plombe tout l'espace, se tirer dessus pour tirer sur sa propre violence, et puis celle du temps aussi.. Parfois, une sorte d'article de foi qu'on appelle serment vient se coller comme une glue sanglante sur cette violence qui sait si bien garder ses secrets.

Certains pensent que c'est du vent , d'autres en feraient presqu'un devoir de mémoire.

Un serment un peu comme un intermédiaire entre la réalité et l'impensable, vous voyez?

Parfois les serments on les retourne contre nous-mêmes..

Mais peut-être que ceux qui gardent leurs serments arrivent toujours à leur but. C'est bien le cas ici, un serment dans le noeud  d'un foulard. Un foulard que l'on enroule et qui se noue de toute ses forces autour d'un cou jugé coupable , parce qu'en serrant si fort , on a moins mal à l'intérieur de soi.

Petit avant goût du troisième thriller d'Angelo Casilli . Il faut savoir que cet opus est un un préquel à son premier thriller" Le tueur invisible" paru en 2017. "Le Serment" est " né de l'impulsion des lectrices et lecteurs " qui souhaitaient un nouveau volet des enquêtes du commissaire Lewis.

Vous pourrez les lire indépendamment l'un de l'autre mais vous aurez une compréhension plus éclairée si vous avez lu le premier. Il faut savoir aussi que je ne suis qu'une humble lectrice de thrillers donc il est possible que je n'en saisisse pas toutes les nuances mais c'est toujours avec grand plaisir que je découvre ceux d'Angelo Casilli. Une plume dotée d'une tension narrative assez addictive. Manipulations psychologiques , fausses accusations, peurs bleues, excitation , adrénaline et suspens en sont la recette principale. L'auteur a également une approche très fine et travaillée de la psychologie humaine ainsi qu'une vivacité d'esprit assez surprenante. 

Mais revenons en à l'histoire

Une petite ville nommée Grâceville est le témoin de tueries en séries . Les victimes sont toutes des femmes . Elles sont étranglées et près d'elle toujours un mystérieux foulard , celui qui a servi à ces horreurs. "L'étrangleur aux foulards" comme le nommera la presse. Affaire énigmatique , les liens entre les meurtres ne s'expliquent pas malgré un mode opératoire identique ou presque..

C'est le commandant Leboeuf qui est aux commandes de l'affaire mais rien n'avance vraiment. Le tueur lui échappe de justesse , ultime frustration . Les crimes semblent s'arrêter mais ils vont reprendre de plus belle à Antalville , c'est alors que l'affaire sera confiée au commissaire Lewis connu et reconnu pour sa perspicacité et son flair imparable. 

Ce thriller se lit d'une traite, on a du mal à lâcher l'affaire, c'est bien le cas de le dire. On est dans le flou total assez longtemps . Pas mal d'événements ont lieu dont on connaitra l'enchaînement logique bien plus tard. En attendant les suppositions vont bon train , on est dans une spirale où les indices se distillent au compte gouttes et bien malin qui arrive à comprendre rapidement. Un vrai remue méninges.  Cette foule de situations peut étourdir parfois mais ne vous laissez pas impressionner !

Le résultat final est vraiment pas mal! 

La plume de l'auteur est toujours une conduite à risque et je me suis sentie au bord du siège pendant une poignée d'heures. 

J'avais quand même deviné l'identité du tueur un peu avant!

Quelle imagination renouvelée et toujours si ordonnée!

Je me suis dit que toute une vie ne me suffirait pas inventer ce genre d'histoire!

Bref, un moment de lecture en mode frisson, pression!

Je termine avec une citation choisie par l'auteur en tête de livre.

"La violence inassouvie cherche et finit toujours par trouver une victime de rechange"

René Girard









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