lundi 22 avril 2024

 LE GRAND MEAULNES

D'ALAIN -FOURNIER


"Pour la première fois , Meaulnes sentit en lui cette légère angoisse qui vous saisit à la fin des trop belles journées."

Il m'a fait le coup du " souviens toi"..

Je pensais certains souvenirs impérissables mais ce n'étais pas ça.

De la même manière que le matin apporte sa lumière, l'âge apporte la force vive de la mélancolie.

La maladie des instants vécus qui ne reviendront plus. Le mirage du présent éternel. Cette nostalgie douloureuse  qui traine ses charmes insupportables. Cette soudaine envie d'espérer , cette insolente tristesse qui berce le monde révolu de l'enfance. Ce passage à l'âge adulte avec sa lucidité à vif , la débâcle de ses rêves symboles de toutes les vies qu'on a pas eues. C'est un peu tout ça Le Grand Meaulnes. Et moi, je suis restée là, coincée dans un moment inconnu qui ne se laissait pas attraper. Oui une légère angoisse m'étreignit. J'étais complètement abrutie par  la nostalgie et la  mélancolie de ce roman. Je quittais, à la fin quelque chose qui n'existais plus , mais que j'avais terriblement reconnu . J'allais retourner à cette vie morne qui n'inscrivait plus rien dans son coeur et tout me manquait déjà affreusement. Je voulais vite retrouver cette joie tremblante de l'amitié , le débordement puissant et tendre de sa spontanéité. Ces visions de grâce qui vous laissent suspendus entre deux mondes. Ces instants simples et lumineux que la terre dans sa générosité vous octroie. Les pluies fines, le rayon du soleil qui se jette sur une vitre embuée, les vacances d'été , les chemins tortueux et les amoureux. La galette de pain brûlante , dévorée sur le bord des genoux. Les bagarres et les abracadabrantes histoires qu'on se raconte dans  les campagnes un peu trop calmes. Moins  rien ne se passe plus l'imagination s'instruit. Voilà, j'ai relu "Le Grand Meaulnes" et vous savez quoi? J'ai envie de repartir là -bas , d'ouvrir encore une fois les tiroirs de ma mémoire, de m'assoir et d'attendre la goutte d'eau qui annonce la pluie , de goûter encore à l'amitié profonde et dans une demi- obscurité deviner la lumière derrière la vitre blanchie par le rideau.

"Le Grand Meaulnes " est le seul roman d'Alain-Fournier alias Henri -Alban Fournier écrit en 1913, un an avant sa mort à l'âge de vingt-sept ans. Un roman qui restera une oeuvre majeure de la littérature classique. 

RESUME

Le narrateur François Seurel raconte l'arrivée d'un nouvel élève Augustin Meaulnes à Saint- Agathe .

Une amitié profonde va les lier , une amitié teintée de mystère et de fascination. Du haut de leur pudeur ils vont tout se dire sans jamais se l'avouer. Ce roman retrace une partie de leur adolescence. Un jour d'hiver, Meaulnes disparait. A son retour , il n'est plus le même. Qu' as t-il vu? Où est -il parti?

C' est François qui sera le dépositaire de toutes ses confidences. Un secret partagé qui va les suivre très longtemps et pour toujours.





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