samedi 29 août 2020

 INTERVIEW D'AUTEUR

STEPHAN CAILLETEAU

POUR SON ROMAN  :

REPLIQUES

AUX  EDITIONS  ST HONORE


VOYAGE AU BOUT D'UN LIVRE


Chacun porte en lui ses propres refuges.

Un miroir où l'on fait apparaître son propre éclat.

Dans le cours ordinaire des choses, dans la limpidité et le peu d'originalité dont nos vies sont souvent empreintes, existent un monde d'âmes insoupçonnées...

Tout a commencé , les yeux posés sur quelques lignes d'un résumé.

Percutée d'emblée, intriguée, il ne m'a pas fallu longtemps pour décider.

Ce livre semblait me dire....viens avec moi, je t'emmène au delà de ce que tu crois...

Livre en main, palpitante, je parcours les lignes avec une  splendide stupeur .

Mon avidité de lectrice trouve vite son exutoire .

J'aime quand dès les premières secondes une combinaison de ressentis inexpliqués vient créer un  court circuit de neurones affolées..

Quand on ne contrôle plus rien que l'adrénaline qui transfuse la moindre émotion.

Je découvre ainsi , Stephan Cailleteau et son premier roman.

L'auteur est discret mais divulgue avec force et conviction  le sujet de son roman.

Un roman kaléidoscope qui réfléchit tous un tas de reflets nouveaux.

De lumières rasantes en obscurités grandissantes, j'étais dans le ventre de l'existence.

"Une quête commence toujours par la chance du débutant et s'achève toujours par l'épreuve du conquérant."

Paulo Coelho


REPLIQUES est ton premier roman , original et puissant et par extension un succès assez vertigineux.

Comment l'idée a t-elle germée?e derrière ce miroir 

REPLIQUES  est un heureux dommage collatéral.

L'idée n'a pas été d'emblée d'écrire un roman mais de poser des mots dans des phases combinatoires qui me permettraient d'exprimer des sensation, des perceptions, des impressions.

Cela m' a amené très vite à imaginer ce gars seul sur l'Atlantique , posé en terrasse un dimanche d'hiver face à un soleil bas d'horizon , observant la vie passer à contre-jour.

Et puis les mots ont formé des phrases puis des paragraphes, sans idée , ni thème ni scénario précis , sans plan de base.


En  te lisant et sans te connître, j'ai eu cette sensation que certains des tourments de ton protagoniste Jean Kassina étaient aussi...un peu les tiens?

Impression confirmée?

Mon personnage principal est un homme tourmenté .

Un quinqua e pleine introspection qui arrive à une période sensible de sa vie.

Il admet en filigrane qu'il a été un privilégié , qu'il a certes vécu dans l'insouciance et l'hédonisme mais que ce monde a bel et bien son revers de médaille.

Regardez comme il est seul , et à quel point il va l'être de plus en plus.

Les tourments, les angoisses qui l'animent ont sans doute pris leur source dans certaines des miennes.

L'écriture est un révélateur , un miroir sans tain dans lequel vous , auteur , observez votre reflet et la personne qui se trouve derrière ce miroir , le lecteur, vous regarde sans que vous le sachiez.

Je pense qu'il y a toujours une part de soi même dans un personnage qu'il soit principal ou secondaire.

Par ailleurs, l'utilisation de la première personne m'a impliqué davantage émotionnellement , donc en toute honnêteté Jan Kassina est très proche de moi ou je suis très proche de lui , je ne sais exactement.


Différents sujets sont abordés dans ce roman.

A savoir

Un aspect initiatique

La maladie

La politique

Pourquoi avoir décidé de les regrouper?

Pourquoi eux?

As tu eu le souhait d'y insinuer un message fort pour chacun d'entre eux?


Les sujets abordés ,

L'aspect initiatique d'une trajectoire, la maladie, l'amour, la politique sont des thèmes centraux qui m'animent mais qui surtout me questionnent en permanence.

Ces thématiques vous mettent invariablement face à vous mêmes.

Elles sont omniprésentes dans nos vies, on n'y échappe pas.

Personne.

Elles sont des sources de joie , d'engagement , de réalisation de soi mais aussi des sujets de tourments , d'anxiété, de désarroi et de contrariété.

Il n'y a pas eu de ma part un choix conscient de les regrouper .

Je dirais plutôt avec le recul que ceci a constitué une sorte d'exutoire inconscient , une urgence d'expression , comme si ce roman pouvait être le dernier d'où peut être cette urgence de balayer large les reliefs de la vie.

J' ai suggéré des messages dans chacun de ces thèmes plus que je ne les ai revendiqués.

L'émotion, le sensitif guident ou plus exactement alimentent souvent mes conceptions, mes réflexions.

Je fonctionne beaucoup à ce carburant là.

Alors Jean Kassina , le pauvre a dû subir les affres de mes états d'âme.


Le temps d'une vie est un thème phare du livre .

Entre poussées d'existence , fatalité et résignation ..

Quelle est la part forte de la vie?

Quel sens donnerais tu à "l'espace vie"?


Le temps d'une vie estun thème fort du livre.

La part forte de la vie réside à mon sens dans son caractère fragile et éphémère.

En général, l'idée de la mort inéluctable au bout du compte devrait nous rendre plus attentifs à la vie.

Mais ce n'est pas toujours le cas parce que l'humain lorsqu'il est en quête d'absolu n'est pas toujours en mesure de percevoir la lumière à l'image de Jean Kassina.

Quand à la résignation ou la fatalité que tu évoques , je parlerais davantage quant à moi de lucidité.

Pour Jean et moi cette lucidité exacerbée , chevillée au corps et au coeur c'est notre"kryptonite".

Le sens que je donnerais à l'espace vie (j'aime bien cette notion là) ce serait de s'être réalisé soi même durant son existence .

Ce serait aussi d'avoir osé être soi même, avoir déboulonné le concept du fait social.

Parce que le fait social n'existe pas.

Cessons donc d'être seulement là où on nous attend.

Il y a urgence à nous départir du dictat du fait social, il faut absolument le désacraliser  alors seulement là , existe le véritable"espace vie".


Ton personnage Jean Kassina fait un choix particulier face à la maladie et à la mort.

Dans ce contexte , sa décision aurait t-elle pu être la tienne?

Si oui, pourquoi?


Jean Kassina  fait un choix devant la maladie et la mort.

Je ne préciserai pas ici lequel au cas où des lecteurs de cette interview souhaiteraient lire mon roman et en préserver toutes les surprises.

Je dirais simplement  que le choix qu'il fait correspond parfaitement à celui pour lequel j'aurais opté en de telles circonstances.

Cela ne fait aucun doute pour moi.

Le choix de Jean serait le mien dans cette situation.


Tu es cadre de santé , certaines scènes du roman ont elles été inspirées de ton expérience professionnelle?

Certaines scènes de mon roman ont pour décor l'univers hospitalier que je connais très bien .

J'ai moi même exercé en service neurochirurgie où j'ai rencontré des situations extraordinaires sur le pan humain.

Qu'elles se traduisent in-fine par des drames ou des conclusions heureuses.

Cette expérience professionnelle a sans doute influencé mon récit plus qu'elle ne l'a inspiré .

Je vais te faire ici une jolie révélation c'est surtout deux personnages qui m'ont inspiré , deux hommes qui existent vraiment.

Le Docteur José Guarnieri neurochirurgien et l'onco-psychologue Eric Dudoit.

Je leur rends ici encore une fois hommage et les remercie d'avoir accepté que j'utilise leur réelle identité.

Aujourd'hui l'un exerce encore au Havre et l'autre à la Timone à Marseille.


Quel est ton "modus operanti "d'écriture?


Comme je le disais en tout début d'interview , j'i posé des mots les uns derrière les autres au départ comme j'aurais projeté des couleurs sur une toile blanche.

Très vite, je me suis aperçu que ce couleurs commençaient à dessiner les contours d'un paysage ...alors j'ai foncé.

J'ai écrit"REPLIQUES" sans aucun plan , aucune trame.

J'imaginais les scènes , les réflexions , les personnages au fil du clavier.

Je ne savais jamais à l'avance ce que j'allais écrire le lendemain.

Je n'ai jamais eu aucun souci d'inspiration , les choses me viennent naturellement dès que j'écris.

C'est une chance , je l'avoue.

Pour autant , ceci produit aussi de l'inconfort dans l'écriture d'un roman.

On ne sait jamais si l'on pourra aller au bout , si à un moment l'on ne se précipitera pas dans une voie sans issue.

J'ai aimé travaillé comme ça.

C'est ue grande liberté même si je procède un peu différemment pour l'écriture de mon second roman.


Quelle phase d'écriture la plus euphorisante dans ton roman?

Il y en a eu deux.

La scène où Jean commet ce délit de fuite dans son rodéo nocturne complètement dingue et la scène de la salle de bain où Emma prend son bain en sa présence (on m'en parle souvent d'ailleurs)


Tu es édité aux Editions St Honoré

Peux tu nous raconter ton parcours jusque là?


Mon parcours est somme toute assez classique.

J'ai connu comme bon nombre d'entre nous des refus de ME concernant REPLIQUES avant d'être finalement édité aux Editions St Honoré de Paris.

J'en suis heureux et conscient du privilège qui m'a été accordé au travers la signature d'un contrat à compte d'éditeur.

Pour autant , je reviendrais frapper à la porte de grandes maisons d'éditions pour mon second roman.

Se faire éditer reste un parcours semé d'embûches , d'épreuves , de refus et donc de doutes.

Auteur(e)s surtout ne renoncez jamais!

Tout arrive.


Pour un premier roman tu as un style déjà prononcé , singulier et personnel.

Des influences littéraires peut être?

Mon auteur "classique" favori a toujours été Albert Camus.

Par la suite , les auteurs contemporains de romans qui m'ont influencés sont notamment 

Philippe Dijan, Alexandre Jardin, Françoise Bourdin , Laurent Gounelle, David Foenkinos, Delphine de Vignan  pour ne citer que ceux là..

Mais il y en aurait tellement d'autres...


Une anecdote d'écrivain peut être?

Le jour où j'ai reçu sur mon Twitter un selfie d'Alexandre Jardin tenant en main mon roman avec ce commentaire :

"Superbe roman une langue qui capture l'époque"

Magnifique moment.

Pourquoi ce titre "REPLIQUES"?

Ce titre s'est imposé  à la seconde où j'ai réalisé à quel point Jean Kassina  était malmené par la vie.

Une catastrophe en convoquait une autre dans un effet papillon désastreux et cela dans une fuite en avant que rien n personne ne pourrait plus freiner.

Le premier tremblement de terre symbolique sera connexe à la disparition d'Esther la compagne de son ami Marco.

Apartir de cet événement les drames s'enchaîneront comme des répliques sismiques incontrôlables.

Ce titre me paraît tellement évident aujourd'hui...


Un projet en gestation?

Je suis actuellement à l'écriture de mon second roman.

Je donne vie à de nouveaux personnages que j'aime déjà profondément...

Pour autant, Jean Kassina restera toujours là, pas loin , à côté de moi .

Comme un merveilleux compagnon de route.


Merci Stephan d'avoir pris le temps de répondre à ces questions;

On attends donc avec une impatience non dissimulée ce second roman.






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