dimanche 7 mars 2021

 GEORGES SOULEYRAC

CONFIDENCES COURTOISES

ROMAN EPISTOLAIRE DE CHARME

AU SIECLE DES LUMIERES

PERIODE SE SITUANT ENTRE ENTRE 1715 ET 1789

AUX EDITIONS EX AEQUO

COLLECTION ALCOVE

277 PAGES



Caresses envoûtées sur le galbe insensé des pensées..

Contours floutés par l'avidité sur les charnelles parcelles..

Brasier d'obsessions, de passions et de perversions.

Ecroulée dans les intimités , sous un fichu de dentelles , la tendre frivolité glane les sensuelles onomatopées..

Plaisirs d'alcôve sur le papier glacé , je lis en apnée ,dans un léger frisson en suspension , les phrases décousues et nues , jetant leur dévolu dans ce suspens érotique.

Flux confidentiel d'ardeurs folles , sous cette lueur rasante où l'on devient amante.

Telle une lune alanguie , soudainement brusquée par le désir de curiosité ,je parcours en un éclair et sans préliminaires , l'onde exquise de ce roman épistolaire.

Coeur gonflé, ivresse en liesse , délicieusement affalée sur un un canapé , je vais vous conter , la correspondance enflammée d'Henriette de Brissac , Marquise de Plessy et de Georges de Nairac , Vicomte de Soulac .

Nous sommes donc en 1780, au siècle des Lumières ou siècle libertin..

Le libertinage voit originellement le jour au seizième siècle en Italie,  il est alors un courant de pensées et un mouvement aristocratique.

Le mot "libertin" vient du latin "libertus" qui signifie "affranchi".

Les libertins sont considérés comme les libérateurs des contraintes philosophiques et religieuses , de libres penseurs émoustillés par la provocation et le scandale.

Au dix huitième siècle, on parle de passion et de désir sans censure , l'émancipation intellectuelle des femmes y contribuant..

Ils avaient pour dessein d'anéantir l'obscurantisme régnant et d'instituer la nouvelle et libre connaissance.

Confidences courtoises est le premier tome qui en escortera quatre autres du même esprit.

Georges Souleyrac est un passionné de littérature et particulièrement de cette époque du siècle des Lumières.

Ecrivain autodidacte , secret et énigmatique , il est le flambeau incontesté de ses prédécesseurs..

Tels Pierre Choderlos de Laclos ou encore Donatien François de Sade..


Au delà de la splendeur de la couverture aux couleurs d'époque , un contenu très prometteur et voyeur 

Petite rougeur aux coins des joues quand je l'évoque..

Les pages se succèdent et les désirs cèdent , sensations en pléthore , quand ma lèvre je mords...


Henriette de Brissac , Marquise de Plessy est une veuve bordelaise aristocrate et fervente pratiquante des jeux libertins et du culte de Sapho (amours féminines).

Un culte du plaisir débordant , libéré et consumant où actes et sensations sont les poinçons chauds des journées qui lascivement s'écoulent.

Vendue au pêché , gantée de lubricité , elle s'adonne éhontée à toutes ses élucubrations érotiques et enfiévrées.

Elle mène ainsi , rondement affaires et plaisirs..

Georges de Nairac , Vicomte de Soulac ami et amant d'Henriette n'en est pas moins épris de libertinage..

Epicurien , hédoniste il virevolte voluptueusement dans les plaisirs qui défoulent .

Balloté entre soumission et domination dans la désinvolture de toute ces cambrures qui lui donnent satisfactions et bénédictions.

Entre eux, s'engagent un jeu érotique sous forme de correspondances impudiques , aux désirs outrés et torrides , aux apogées veloutées où corps et âmes sont dégrafés , où leurs doigts noués de plaisir viennent moire dans la flaque brûlante de leur encre.

Et moi, subtilement je me noie dans les émois vicieux de leurs aveux.

De leurs correspondances, émerge une liberté d'expression totale et assumée , rien n'est tu , chaque détail est savamment écrit et transmis en vue de créer une tension sexuelle palpable et voulue.

Les corps sont offerts , les plaisirs légifèrent sous les lignes lacérées de leurs mains et de leurs mots.

Un véritable tour de force que l'auteur réalise à travers un style riche et sensuel.

Une écriture instinctive qui nous éclabousse d'images sur son passage.

Des situations cocasses et coquines, un vocabulaire cru mais qui déverse toujours dans un univers de lyrisme érotique , raffiné et pleins de belles manières qui vient achever les invitations à a débauche et les plaisirs ambitieux.

Un langage érotique d'érudit en la matière .

Les mots papillonnent sur les peaux fines et les soies arrachées.

Au siècle des Lumières , il paraît que les écrivains pensaient qu'e décrier ses vices protégeait la morale.

Qu'en pensez vous?

Au siècle des Lumières on détruit l'amour vertueux au profit des expérimentations.

" Rien ne contient le libertinage , la vraie façon d'étendre et de multiplier ses désirs est de vouloir lui imposer des bornes."

Dixit le Marquis de Sade.

Clairement, je ne suis pas une férue de la littérature érotique parfois trop rébarbative mais ce roman a eu l'aisance de ne point m'ennuyer.

L'imagination étant prolifique et ingénieuse.

Je vous laisse donc à vos draps froissés et à vos propres considérations!

En préface, vous pourrez lire le beau texte de Jeanne Malysa  , directrice de la collection Alcôve aux éditions EX AEQUO;

En  fin d'ouvrage , vous trouverez un glossaire du vocabulaire érotique à faire pâlir le Marquis de Sade lui même!

Et sachez que même si vous n'êtes pas une lumière en la matière , vous serez sans aucun doute très bien éclairés...


Je vous offre un petit passage "soft" juste pour vous donner le ton sans vous révéler la profondeur des intentions...


"Le carrosse s'ébranla , mais comme le chemin était pavé , je profitai encore longtemps des bienfaits de votre olisbos toujours bien au chaud dans ma conque , car le temps du voyage les tressautements du carrosse me donnèrent tant de plaisir au plus profond de mon intimité , qu' à chaque mouvement de roue sur les pavés je poussai un petit cri , ce dont ma Princesse s'aperçut rapidement !

Elle tira alors les rideaux des portières , se laissa glisser à genoux en face de moi.

Délicatement , elle passa ses mains gantées , douces comme la soie sous les plis de ma robe pour venir les poser sur mes jambes et d'un mouvement entendu , elle les écarta pendant que je repoussais robe et paniers."












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